Billet d'humeur Les Storm Ultras ont déconné : ça arrive, mais il faut assumer...

Les Storm Ultras ont déconné : ça arrive, mais il faut assumer...
Photo: © photonews
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Quelle tristesse, ce qui s'est passé au Mambourg ce samedi lors de Charleroi-Union Saint-Gilloise. Les ultras carolos ont commis une grosse bêtise, et au plus vite ils s'en excuseront, au mieux ce sera.

Comme bien souvent, les éditoriaux et les prises de position tranchées ont volé au sujet des ultras du Sporting Charleroi à la suite de l'épisode surréaliste de ce samedi. Rappelons, pour les inattentifs du fond de la classe, les événements : en première période, des fumigènes gâchent la visibilité au Mambourg et forcent un premier arrêt par l'arbitre le temps que tout ça se dégage.

Et au retour des vestiaires, alors qu'on a à peine eu le temps de reprendre sa place en tribune, rebelote, cette fois avec de la pyrotechnie : un hommage aux ultras du SC Preuben Münster, club de D2 allemande, lié aux Storm Ultras depuis 2004. Vingt ans qui se fêtent... mais qui amènent donc Mr D'Hondt à renvoyer tout le monde au vestiaire pendant 10 minutes. 

Un anniversaire gâché 

Et bardaf, c'est l'embardée : les Zèbres ont perdu le fil. Eux qui menaient 1-0 sont remontés méconnaissables sur la pelouse, jusqu'à s'incliner 1-2 après avoir multiplié les erreurs défensives. Les Storm Ultras ont déjà mauvaise presse ; inutile de dire que les médias s'en sont donné à coeur joie. Le commentaire sur DAZN n'a presque plus parlé foot en seconde période ; un éditorial de nos confrères de La Dernière Heure parle des "pires ultras de Belgique" ; notre confrère de Sudpresse regrette "un anniversaire dont presque tout le monde se fout", et de notre côté, nous n'avons pas hésité à qualifier cet incident de complètement stupide. 

(suite sous la photo)

Mais après tout, que vaut l'avis de la presse, bien souvent incapable de comprendre le monde des ultras ? Pas grand chose aux yeux de ceux-ci, c'est certain. Pas plus que l'avis de Mehdi Bayat, dont les relations sont glaciales avec sa T4 depuis longtemps maintenant. L'administrateur-délégué du Sporting n'allait pas défendre ses supporters, c'est évident. 

Quant aux joueurs, bien sûr, ils ont trouvé là une justification parfaite pour une seconde période de très mauvaise qualité. Aiham Ousou était le seul à dire ouvertement que Charleroi était mal remonté de toute façon et ne devait pas se chercher d'excuses. Relativise-t-il un peu trop ? Peut-être, mais cela vaut la peine d'être mentionné. 

Mort aux Storm Ultras ? Non

Le problème, c'est que cette fois, tout le monde a trouvé que ce qui s'est passé au Mambourg samedi était profondément idiot. Il suffit de lire les commentaires de la page Facebook des Storm Ultras, habituellement positifs, pour s'en assurer. Non, 10 minutes d'interruption ne justifient pas de s'écrouler à ce point, mais les supporters des Zèbres ne doivent pas avoir la mémoire courte : leur équipe jouait le maintien il y a 6 mois de ça, et étaient même très proches de la zone rouge il y a peu de temps. L'équilibre est fragile à Charleroi et l'époque des guerriers made in Mazzù est loin. 

Pire : Sébastien Pocognoli lui-même pointe que du côté de l'Union, cette interruption a fait du bien (un point qu'on mentionne trop peu). "Nous n'étions pas bien dans le match, ça ne pouvait être qu'à notre avantage. L'interruption nous a vraiment aidés", déclare le coach adverse. Lui n'a rien à gagner avec ce genre de déclaration. 

Les Storm Ultras, de leur côté, on aurait pu le parier, restent tièdes dans leur prise de responsabilité. "Le timing n'était pas bon, nous nous en excusons" : voilà, en gros, tout ce qui a été dit à chaud. À froid, ce matin, une plus longue publication : "On accepte ce bois vert et force est de constater que (...) nous avons déçu ceux qui ont une opinion équilibrée. Nous l'acceptons, même les propos les plus orduriers, on ne va pas raser les murs". Un communiqué plus nuancé, mais qui s'embarrasse encore de tout un discours dénonçant la gestion sportive de Mehdi Bayat, entre autres.

Le problème, c'est qu'arrive un moment où tout ce discours aussi, c'est "l'arbre qui cache la forêt" - à savoir que les ultras ont beau faire des ronds de jambe et tourner autour du pot, il n'y a qu'un mot qui devrait être entendu cette fois : "désolé". Eux qui reprochent souvent à Mehdi Bayat ses éléments de langage et sa capacité à contourner toute prise de responsabilité réelle gagnerait beaucoup à faire preuve d'humilité : vous avez déconné, ça arrive... mais ça ne doit plus arriver. 

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