Prolifiques en qualifications, stériles en grand tournoi : mais que Diable se passe-t-il ?
Photo: © photonews
Suis Walfoot dès à présent sur WhatsApp !
Le dernier "vrai" but des Diables Rouges en Coupe du Monde date de... Belgique-Canada, en 2022. Il était signé Michy Batshuayi. La Belgique est pourtant une machine à marquer en qualifications. Mais que se passe-t-il en phase finale ?
Les Diables Rouges perdent leurs moyens
C'est l'un des points soulevés par Romelu Lukaku ce dimanche après le partage face à l'Iran : les Diables ont été "trop émotionnels", et ont manqué de sang-froid. Après Belgique-Egypte, c'est Youri Tielemans qui soulignait que les joueurs avaient peut-être "perdu leurs moyens". Et ce alors qu'on sentait ce groupe incroyablement serein et concentré à l'approche de cette Coupe du Monde 2026.
Pourtant, c'est évident : une fois que l'enjeu est là, ces Diables Rouges ont une vraie tendance à avoir le souffle coupé. C'était le cas en 2022 : après avoir marqué 25 fois en 8 matchs de qualification (le meilleur total des poules de 5), la Belgique n'a marqué que via Michy Batshuayi, péniblement, face au Canada. Et n'oublions pas que cela avait aussi été le cas à l'Euro 2024, avec 2 buts marqués en 4 matchs, alors que Romelu Lukaku avait fini meilleur buteur des qualifications (et que les Diables avaient marqué 22 buts en 8 matchs).
La méforme de Lukaku ? Pas vraiment une excuse
Dès lors, la méforme de Romelu Lukaku, en 2022 comme cette année, joue naturellement un rôle aussi. Mais elle ne peut pas être utilisée comme le cache-nez d'une équipe qui a, bien souvent sans Lukaku, marqué cette fois 29 (!) buts en 8 matchs qualificatifs. Les occasions de Maxim De Cuyper ce dimanche rentraient sans coup férir en qualifications. Cette fois, elles se sont écrasées sur Beiranvand.
Rudi Garcia le répétait d'ailleurs souvent quand il devait évoquer l'absence de Lukaku : il préférait que tout le monde marque que de devoir s'en remettre à son attaquant vedette. Et voilà que personne ne marque dès que le niveau monte...
Une Coupe du Monde, c'est différent
La faiblesse de l'opposition est aussi à pointer du doigt. Les deux matchs référence des Diables Rouges en qualifications sur le plan offensif sont probablement les duels face au Pays de Galles : 8 buts marqués en deux matchs face au meilleur adversaire de la poule. Rappelons tout de même que le 4-3 au Stade Roi Baudouin, de un, était miraculeux - et de deux, s'est joué avec Lukaku.
Lire aussi… Des consultants étrangers n'épargnent pas les Diables Rouges : "Il n'y a absolument aucune excuse"›
Mais pour le reste, écraser le Liechtenstein et le Kazakhstan ne donnait pas de réelles indications sur le niveau de notre ligne offensive. Pire : on le voit désormais, mettre 5-0 à la Tunisie avant la Coupe du Monde était un résultat en trompe-l'oeil, vu le niveau des Aigles de Carthage au Mondial.
Et surtout : une Coupe du Monde, c'est différent. Les équipes donnent tout sur le terrain, surtout des adversaires aussi fiers que l'Iran et l'Egypte - et le format de cette édition 2026 permet à toutes les équipes d'espérer. Quelques points et passer est tout à fait possible même pour les petits poucets : le Cap Vert est presque qualifié, Curaçao peut y croire... presque personne n'est éliminé après deux journées. Ces Diables n'étaient pas préparés à l'intensité mise par des nations se donnant à ce point.

Eden Hazard n'est plus là pour débloquer n'importe quelle situation
Enfin, un point est tout de même frappant : la disette offensive des Diables Rouges correspond à peu près à la baisse de forme, puis la retraite d'un certain Eden Hazard. On a beaucoup parlé de la blessure de Romelu Lukaku avant la Coupe du Monde 2022, mais Hazard est aussi arrivé au Qatar en complète méforme. Roberto Martinez était privé de celui qui avait porté la Belgique sur ses épaules en 2018.
Jeremy Doku n'est pas encore Eden Hazard, et ne le sera probablement jamais. Lundi dernier contre l'Egypte, on a vite compris qu'il passerait un mauvais match. Kevin De Bruyne est un leader technique sur courant bien trop alternatif en sélection et manque de jus. Les autres ? Aucun n'est un véritable facteur X et ne paraît capable d'élever son niveau à la hauteur de l'enjeu. Eden Hazard rendait la vie plus facile à tout le monde au sein du secteur offensif. Sans lui, la vie est moins belle...
Inscrivez-vous maintenant à la newsletter de Walfoot
