Et soudain, le "process" est de retour à Anderlecht

Et soudain, le "process" est de retour à Anderlecht

Anderlecht a assuré l'Europe, mais s'est aussi réconcilié avec Neerpede en cette fin de saison.

Le symbole était fort : après la seconde victoire en quelques jours face à l'Antwerp, les Anderlechtois se sont saisis de la fameuse banderole "In Youth We Trust", toujours accrochée au Lotto Park, et l'ont fièrement brandie. Une façon, peut-être, d'aussi rendre hommage aux U21 vainqueurs de la Coupe de Belgique, mais surtout un message clair : maintenant que la confiance est à nouveau là, le projet, le "Process" tant moqué a pu reprendre la place qui lui était due. 

Un milieu made in Neerpede 

On peut se demander pourquoi cela n'a pas eu lieu plus tôt, au moins au milieu de terrain. Car tout au long de la saison, il a paru manquer quelque chose dans l'entrejeu anderlechtois. Le duo Cullen-Olsson ne fonctionnait pas, c'est aussi simple que cela. Le Suédois n'a jamais réussi à imposer sa griffe sur le jeu du RSCA. Certains diront que ce n'était pas son rôle, mais dans celui du milieu récupérateur, il y avait déjà Cullen ; deux milieux incapables d'amener offensivement, c'était trop. 

Marco Kana

Il aura fallu attendre 2022 pour qu'Olsson quitte le onze, et ce n'était pas tout de suite pour un jeune de Neerpede. Majeed Ashimeru a obtenu sa chance, et prouvé que ce qui manquait à l'entrejeu, c'était un peu de fougue. Le RSCA change de visage. Manque de chance, le Ghanéen se blesse...et c'est ce concours de circonstances qui poussera Kompany à relancer Marco Kana dans ces Playoffs.

Kana, longtemps mis de côté, qui a travaillé son physique dans l'ombre sans se décourager. "J'apprends en permanence, c'est mon style. J'ai travaillé dur, sans jamais arrêter, et j'ai encore beaucoup à apprendre", déclarait le médian ce jeudi. Plus qu'une progression physique, c'est une progression mentale qu'a accompli Marco Kana. Il paraît désormais serein. À ses côtés, ou plutôt devant lui, un autre jeune qu'on attendait avec impatience : Kristian Arnstad. Là encore, il faudra un concours de circonstances pour que Kompany le lance : la blessure récurrente de Yari Verschaeren. 

Kristian Arnstad
© photonews

Ironique, peut-être, que l'un des plus grands talents de Neerpede perce aux dépens de celui qui représentait jusqu'ici le mieux, au sein du noyau, la formation à l'Anderlechtoise. Mais Verschaeren semble plafonner depuis quelques mois. Avec Arnstad, il a désormais en face de lui une rude concurrence. Élégant, lucide, puissant, technique, toujours orienté vers l'avant : Kristian Arnstad, sur papier, a tout. Et il n'a que 18 ans. 

Amuzu, "vétéran" de Neerpede 

Alors que Verschaeren est un peu dans l'ombre, voilà que Francis Amuzu connaît un retour inattendu en pleine lumière. On l'oublierait presque tant cela fait déjà plusieurs années qu'il évolue en équipe A, mais Amuzu est aussi un pur produit de Neerpede. Et alors que Lior Refaelov tire la langue au terme d'une longue saison, que Benito Raman fait le coup de la panne, Amuzu a ajusté la mire. Quatre (!) buts en deux matchs, que dire de plus ? Qu'il faudra, comme d'habitude, confirmer. Mais à 22 ans, "Ciske" a peut-être enfin atteint la maturité. Comme une preuve vivante qu'il ne faut pas être impatient avec les jeunes sortis du centre de formation mauve.

Amuzu Francis
© photonews

N'oublions pas, non plus, ce retour tant attendu de Hannes Delcroix. S'il a déjà 23 ans, le Diable Rouge n'a pas encore réussi à disputer une saison complète en équipe A, la faute à des blessures récurrentes. Et pourtant, son absence cette saison a été citée comme l'un des maux de la défense anderlechtoise. Ah, se demandent certains, et si Delcroix avait été là plutôt que Magallan ! On croise les doigts à Bruxelles pour que cette fois, son corps laisse tranquille l'infortuné Hannes. 

Au Bosuil, Kompany avait aligné le onze le plus jeune de sa saison - bien aidé par l'absence de Hendrik Van Crombrugge au profit de Bart Verbruggen. Avec un "gamin" dans chaque ligne, les résultats sont présents, le public s'amuse et s'identifie à son équipe et le "process", enfin, retrouve de son éclat. On ne peut qu'espérer que c'est de bon augure, et que les U23 en D1B ne couperont pas ce bel élan - ce serait paradoxal. Et peut-être que l'été prochain, avant de recruter un milieu de terrain à 4 millions, Peter Verbeke fera le pari jeunesse. 

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