Le Standard et la RAAL parmi les pires attaques de D1A ? Pourquoi la dorsale wallonne est sevrée de spectacle
Photo: © photonews
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En cette fin de saison, le Standard et la RAAL pensent déjà au prochain exercice. Avec une priorité majeure : retrouver un peu plus de poids offensivement.
Le constat à l'issue de la phase classique était clair : en compagnie de Dender, deux des trois pires attaques de la compétition se trouvaient au sud du pays. Depuis, le Standard a légèrement atténué le bilan en Europe Playoffs, mais la RAAL n'a, elle, toujours pas réussi à retrouver le chemin des filets en Playdowns.
Les premiers regards se sont directement tournés vers Frédéric Taquin et Vincent Euvrard, à qui il a souvent été reproché de pratiquer un football ennuyeux, que ne justifiaient pas une surperformance par rapport à l'objectif fixé. En clair, Sclessin et l'Easi Arena se sont longtemps ennuyés.

Comble de l'ironie, les deux clubs aux communautés de supporters parmi les plus actives (proportionnellement parlant) lors des matchs ont semblé plus à l'aise à l'extérieur que dans leur base. Pas la moindre victoire à la maison pour La Louvière en 2026, 4 en 17 matchs à Sclessin pour le Standard depuis le début de la saison. Parce que jouer à domicile implique inévitablement plus d'attentes dans les prises d'initiative balle au pied ? Il y a sans doute de cela.
Alors, d'un bout à l'autre de la dorsale footballistique wallonne, pourquoi aussi peu d'allant offensif ? Les limitations de vitesse des travaux à répétition pour combler les nids de poule à répétition sur la E42 s'étend-elle au jeu des deux équipes ? Frédéric Taquin et Vincent Euvrard essayent en tout cas de rectifier le tir depuis des mois, mais sont arrivés dans cette situation pour des raisons différentes.
Concilier intensité et qualité, le défi du football moderne
Quand Euvrard est arrivé, il a précisément mis l'accent sur la défense parce qu'elle était le chantier le plus urgent à régler. Après tout, c'est bien dans l'urgence que l'ancien entraîneur de Dender est arrivé, l'urgence d'apporter un remède à une équipe qui concédait 1,6 expected goals par match sous les ordres de Mircea Rednic, des...standards incroyablement élevés après un an et demi sous Ivan Leko.
Conscient de l'ordre des priorités, Vincent Euvrard s'est félicité d'avoir fait du Standard l'une des défenses les plus hermétiques du pays (la deuxième la moins passée de l'élite, derrière l'Union, à égalité avec Saint-Trond). Et c'est sans doute ce décalage entre cet enorgueillissement d'avoir stabilisé l'équipe et la lenteur du tempo que cela a parfois généré qui a généré cette incompréhension latente.

De son côté, Frédéric Taquin était dès le début à la tête du bateau louviérois, dont il est même une des figures de proue depuis bientôt neuf ans. Dans son cas, s'il a fallu rectifier quelque chose, ce n'est pas le déséquilibre de l'équipe sur le terrain, mais bien le manque de qualité et de vécu du noyau.
Beaucoup vous le diront chez les Loups : l'effectif qui a commencé la saison n'était pas suffisant au regard des exigences de la D1A. Et dans ces cas-là, la solution la plus immédiate est de se réfugier derrière une animation simplifiée, où tout le monde sait ce qu'il a à faire. Et force est de constater qu'une défense est plus facile à organiser qu'une attaque qui doit assumer sa part de créativité.
La saison 2024/2025 du Standard est un bel exemple à ce titre. Constatant là aussi un manque de vécu et de qualité, avec beaucoup de jeunes issus du SL 16, Ivan Leko avait assumé une disposition défensive à l'extrême pour s'assurer que les fondations ne soient pas trop exposées. Il avait tenté d'amener un peu plus d'allant offensif en deuxième partie de saison, mais avait bien été forcé de constater que l'intensité demandée lors des six premiers mois avait carbonisé son noyau.
Plus de spectacle la saison prochaine ?
Taquin aussi a tenté de changer le visage de son équipe. Mais la mue ne se fait pas en un jour, surtout lorsque les pieds soyeux du noyau, ceux d'Alexis Beka Beka et Bryan Soumaré, n'avaient plus touché de ballon en match officiel depuis de longs mois.
Le 5-5 contre Genk lors de la dernière journée de phase classique doit servir de promesse pour la saison prochaine, tout comme les huit buts du Standard en cinq matchs de Playoffs. La saison prochaine, c'est là que les deux entraîneurs seront attendus. La volonté des deux directions de les conforter dans leur fonction doit leur permettre de continuer à faire évoluer le projet, en partant de moins loin que cette saison...quand le Standard et la RAAL croisaient le fer lors de la toute première journée de compétition.
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