Interview Polémique raciste autour de Lukaku : "Le message de la Curva Nord a un double sens"
Malik Hadrich
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Polémique raciste autour du joueur de l'Inter Milan, Romelu Lukaku : "Le message de la Curva Nord a un double sens"

Polémique raciste autour de Lukaku : "Le message de la Curva Nord a un double sens"
Photo: © photonews

Romelu Lukaku a été victime de cris de singe lors du match de l'Inter Milan à Cagliari le week-end dernier. L'attaquant s'en est offusqué. Les Ultras de son propre club se sont adressés à lui en expliquant que ce n'était pas un acte de racisme, mais plutôt de déstabilisation.

Le vice-président de l'Inter Club Charleroi, Emmanuel Di Santo, a évidemment lu le communiqué des Ultras nerazzurri destiné à Romelu Lukaku : "Le message de la Curva a un double sens.  Premièrement, c'est un message de soutien envers tous les Ultras des autres clubs de Serie A (NDLR. D1 italienne).  Deuxièmement, c'est une façon de dire : quand un noir d'une autre équipe jouera à San Siro, nous ferons le même.  Ils veulent réellement énerver l'adversaire en faisant des cris de singe, mais c'est totalement irrespectueux et blessant !"

Pour lui, le souci ne se limite d'ailleurs pas au racisme : "Le noeud du problème est là : le respect ! Pour ma part, c'est aussi grave de traiter un joueur de fils de p... alors qu'il vient de perdre sa maman...  Le cas Lukaku ne devrait pas servir à combattre uniquement le racisme mais l'incivilité, le manque de savoir-vivre."

Contexte

Toutefois, il tient également à remettre les choses dans leur contexte : "La Curva de l'Inter, ce ne sont pas les 10.000 personnes derrière le but.  Ce sont peut-être 500 Ultras qui ont un mode de pensée que je ne partage pas sur tous les points."

D'ailleurs, notre interlocuteur prend souvent place dans la même tribune : "Personnellement, j'adore aller en Curva pour l'ambiance et sans les Ultras, l'ambiance ne sera plus la même.  C'est vraiment très complexe comme sujet."

C'est un sujet d'autant plus sensible que les cris et les chants offensants se répètent en Italie : "Les politiciens montrent leur soutien aux joueurs mais peu de choses bougent...  Les points de vue divergent."

Solutions

Dès lors, quelles sont les solutions ?  "Faire perdre l'équipe des supporters qui sont reconnus coupables.  Mais alors, il faut bien identifier l'équipe de ces supporters.  L'autre mesure à prendre, c'est l'identification des fauteurs de trouble et leur exclusion de tous les stades durant 3 ans.  S'il y a récidive, ils méritent l'exclusion à vie.  Enfin, de nouvelles enceintes à caractère plus familial (sans Ultra) pourraient être bâties."

Néanmoins, ce n'est pas la panacée pour ce grand fan de l'Inter : "Nous, supporters respectueux, nous aimons le foot et l'ambiance.  Ces nouvelles constructions feraient augmenter le prix des billets en flèche.  Et nous serions aussi punis si notre club de coeur venait à perdre une rencontre sur tapis vert.  Il est très difficile de cerner les meneurs... tous les Ultras ne sont pas racistes.  Il est important de ne pas faire cet amalgame."

Jusqu'à présent, l'Inter Milan a été le seul club italien sanctionné pour cris et chants racistes.  Il a dû jouer deux matchs à huis clos et un autre avec la tribune des Ultras fermée.

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