Analyse Qui est Vitor Bruno, l'adjoint attitré de Conceiçao qui doit relever le RSC Anderlecht ?

Florent Malice
Florent Malice, suiveur du RSC Anderlecht
| Commentaire
Qui est Vitor Bruno, l'adjoint attitré de Conceiçao qui doit relever le RSC Anderlecht ?
Photo: © photonews
Deviens fan de Anderlecht! 4372

C'est désormais officiel : Vitor Bruno, ancien adjoint de Sergio Conceiçao dans tous les clubs où il a entraîné ou presque, est le nouvel entraîneur principal du Sporting d'Anderlecht.

Un adjoint qui va tenter de devenir T1 à Anderlecht 

La première chose qui frappe quand on regarde le CV de Vitor Bruno, c'est son manque d'expérience en tant qu'entraîneur principal. Le Portugais de 43 ans n'a été entraîneur principal qu'à une seule occasion : de juillet 2024 à janvier 2025, quand le FC Porto s'est séparé de Sergio Conceiçao et que André Villas-Boas, fraîchement devenu directeur sportif des Dragons, a décidé de laisser sa chance à son adjoint.

Conceiçao Sergio
© photonews

Car jusque là, Vitor Bruno était ce qu'on pouvait appeler le bras droit de Sergio Conceiçao : depuis 2012 et Olhanense, soit la première expérience d'entraîneur principal de Conceiçao après son départ du Standard, Bruno a été à ses côtés, d'abord comme préparateur physiqiue, puis comme adjoint à partir de 2021.

La question se pose : Antoine Sibiersi a-t-il tenté de débaucher l'ex-Rouche et de reformer le duo ? On ne le saura peut-être jamais, mais des rumeurs faisaient en tout cas état de tensions entre les deux hommes lors de la fin de parcours de Conceiçao à Porto - rumeurs niées fermement par Vitor Bruno. Toujours est-il que ce sera sa première "vraie" expérience (à l'exception d'une pige... en Angola dans le staff de son père, également coach) à l'étranger. 

Un contexte difficile et un bilan médiocre à Porto 

Vitor Bruno ne prenait pas les commandes d'un FC Porto en pleine forme - des circonstances qu'on peut comparer avec celles d'Anderlecht : un nouveau directeur sportif fraîchement arrivé qui prend un risque en le choisissant, et un noyau qu'il faudra largement remanier. À l'époque, Bruno aura notamment tenté de réintégrer dans le groupe des joueurs que son ex-mentor Sergio Conceiçao avait écarté du groupe. Il perdait plusieurs cadres à l'intersaison, comme Francisco Conceiçao ou encore Mehdi Taremi, que le public belge a appris à connaître tout récemment.



Les débuts sont spectaculaires et un peu miraculeux : en Supercoupe du Portugal, pour son premier match officiel en tant qu'entraîneur principal (si l'on excepte les 16 matchs lors desquels il a suppléé Conceiçao), Vitor Bruno passe du cauchemar au rêve. Le Sporting Portugal a en effet mené 3 buts à 0... avant de complètement craquer et de s'incliner 3-4. Clin d'oeil cocasse : ce match était aussi le premier en match officiel d'un certain Zeno Debast avec le Sporting. L'ancien d'Anderlecht s'était pour l'occasion totalement troué sur deux phases, remettant Porto et Bruno dans le match. 

Par la suite, la moitié de saison du FC Porto sera compliquée : les Dragons ont des hauts et des bas, le fond de jeu est insuffisant et en novembre, ils enchaînent trois défaites d'affilée. Ca paraît anecdotique, mais c'était une première en... 16 ans pour le géant portugais. Pire : début 2025, Porto perd à nouveau trois fois d'affilée : deux fois dans la même saison, c'est cette fois une première... en 52 ans. Vitor Bruno a perdu la confiance de sa direction, et le soutien de son public : il prend la porte le 20 janvier. 

Vitor Bruno parle couramment anglais... et assez bien français 

Certains se sont peut-être posé la question : Vitor Bruno, qui a passé la quasi-intégralité de sa carrière au Portugal, parle-t-il d'autres langues que le portugais ? La réponse est oui. Il parle parfaitement anglais, comme le prouve sa vidéo de présentation sur les réseaux du RSC Anderlecht. Mais il est aussi capable de se faire comprendre en français, ce qui lui a été très utile au FC Nantes, où il a également accompagné Sergio Conceiçao.

Parfait, donc, pour communiquer avec son adjoint Jérémy Taravel. Mais aussi avec un noyau dont l'une des langues véhiculaires principales reste le français avec des garçons comme Bertaccini, Saliba ou désormais Biancone. Bruno parle également espagnol, ce qui est toujours un énorme atout dans un vestiaire (notamment pour l'intégration d'un garçon comme César Huerta qui a connu des difficultés à progresser en anglais). 

Quel est le style Vitor Bruno ? 

Dans sa vidéo de présentation, Vitor Bruno s'est présenté comme un coach "ambitieux", qui aime mettre en place un pressing haut et intense et dominer son adversaire. Il veut voir des joueurs qui se donnent à fond sur le terrain et qui sont prêts à tout donner - un discours récurrent chez les entraîneurs intronisés ces dernières années au Lotto Park, mais qui colle en tout cas parfaitement à ce qu'Antoine Sibierski cherchait.

Sur le plan tactique, qu'est-ce que cela signifie ? A priori, qu'il ne faut pas s'attendre à voir le RSCA vouloir rentrer dans le goal balle au pied. Comme l'explique une analyse en profondeur réalisée par le site spécialisé Totalfootballanalysis, Vitor Bruno utilise beaucoup ses milieux de terrain pour déstabiliser l'adversaire par un mouvement incessant. Les médians ne doivent pas nécessairement porter le ballon mais proposer un jeu sans ballon de haut niveau, et savoir casser les lignes d'une balle tranchante : si Nathan De Cat reste à Anderlecht, il risque d'aimer. 

L'attaquant de pointe a dès lors un rôle crucial puisqu'il doit faire plus que finir les actions : Bruno jouait avec un n°9 capable de jouer seul en pivot et de remiser, décrocher, bouger les lignes de la défense. Mihajlo Cvetkovic répond en partie à ces exigences, mais manque peut-être un peu du "body" nécessaire : on ne serait pas étonné que Sibierski aille chercher un attaquant plus costaud cet été. 

Quant aux ailiers, ils devront être explosifs, capables de prendre la profondeur et de déclencher leurs courses dans le dos de la défense adverse : le type de profil qui fait défaut au RSCA des dernières années, sauf rares exceptions pas encore prêtes comme Ibrahima Kanaté. Bref : le travail commence pour Antoine Sibierski !

Corrigeer
Une erreur dans l'article ci-dessus? Annoncez le ici!

Inscrivez-vous maintenant à la newsletter de Walfoot

Plus de news

Plus de news