Interview Charles Morren, de la P2 à l'Europa League : "Jamais on ne se l'imagine"
Florent Malice
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Charles Morren a quitté l'Union Saint-Gilloise cet été et va découvrir l'Europa League avec Dudelange

Charles Morren, de la P2 à l'Europa League : "Jamais on ne se l'imagine"

Ce jeudi, le F91 Dudelange se déplace à l'APOEL Nicosie. Charles Morren, l'ancien capitaine emblématique de l'Union Saint-Gilloise, va découvrir les poules de l'Europa League. Un parcours atypique pour le joueur, avec qui nous nous sommes entretenus.

Charles Morren (27 ans) a quitté l'Union Saint-Gilloise cet été après cinq ans de bons et loyaux services, dont plusieurs de capitanat : le milieu de terrain, très apprécié du public unioniste, a décidé de tenter sa chance à Dudelange, champion du Luxembourg. Et quelques mois plus tard, il s'apprête à vivre l'un des plus grands moments de sa carrière si atypique : ses débuts en poules de l'Europa League, à l'APOEL Nicosie. 

Bonjour Charles ! Commençons par parler du sujet le plus brûlant : ces débuts en poules européennes. Même si tu as vécu les préliminaires, c'est différent. Comment on se sent ?

On se sent bien ! Vraiment content de participer à une telle compétition. Ce n'est pas donné à tout le monde et ça n'arrive pas tous les jours. Je suis très heureux d'être là et on va faire notre maximum avec Dudelange pour quand même jouer notre petite carte en Europe ... 

Tu as rejoint le F91 Dudelange avec cet objectif en tête, mais aurais-tu imaginé il y a cinq ans que tu te retrouverais en Europe ? 

Bien sûr que non ! Quand je signe à l'Union, j'arrive de la P2 (du club de Lessines-Ollignies, nda) et en arrivant en D3, je ne crois pas vraiment en mes chances à l'époque. Je me disais "bon, te voilà en D3, tu vas peu jouer, prends du plaisir dès que c'est possible". Et de fil en aiguille, je me retrouve à jouer assez vite, puis à tout jouer. 

Mais bien sûr, on me pose souvent la question : "Tu te rends compte, de la P2 à la D3, puis D2, D1B et maintenant l'Europe" ... Évidemment qu'on ne s'y attend pas, comme je ne m'attendais pas à un jour me déplacer à Anderlecht et à gagner chez eux la saison passée - ce qui reste mon plus beau souvenir avec l'USG. On n'y pense jamais et c'est ce qui fait la beauté du football, au final. 

Est-ce que tu crois qu'à Lessines (le club, aujourd'hui la REAL, Royal Entente Acren-Lessines, évolue en D2 Amateurs, nda), on te prend en exemple, comme preuve que le football démarre aussi d'en bas ? 

Peut-être ! Je l'espère (sourire). Quand j'en ai l'occasion, je reviens souvent à l'occasion de soupers, de tombolas, de matchs auxquels je suis invité. Depuis le Luxembourg, ce sera plus compliqué, mais je trouve ça important, notamment de donner l'exemple aux jeunes. Cela dit, j'ai été éduqué par mes parents dans l'optique que les études doivent toujours être primordiales. Même si je suis la preuve qu'il faut toujours y croire, je tiens donc d'abord à faire passer ce message aux jeunes, car il y a peu d'élus en football ... 

Tu n'as jamais que 27 ans. Quels sont les rêves de Charles Morren pour la suite de sa carrière ? La D1A ? 

Je n'ai jamais été du genre à tirer des plans sur la comète ! Je laisse venir ... Bien sûr, avec l'Union, la D1 a toujours été le but ultime ; on a fait D3, D2, D1B ... mais on est toujours passés à côté de la D1A. Mais je suis déjà assez content de ce que j'ai réalisé, il faut savoir d'où on vient. Maintenant, l'objectif à court terme est de réussir une belle campagne européenne, de tenter de faire mieux que l'année passée. Sans prétention, le tirage nous permet d'espérer. 

J'ai déjà été servi en déplacements exotiques avec les préliminaires européens ! 

Parlons d'ailleurs de ce tirage : il réserve de sacrés déplacements. Tu nous parles depuis Chypre, mais tu iras également en Azerbaïdjan ...

On a déjà voyagé pas mal durant les préliminaires ! Je n'avais jamais fait de grands déplacements pour le football, seulement Allemagne et Angleterre. Et là, avec l'Estonie et l'Arménie, j'ai été servi niveau déplacements exotiques et voyages en avion (sourire). C'est spécial. Je me rappelle que d'Arménie, la moitié de l'équipe était revenue malade ... Ce sont des moments particuliers à vivre. 

Et un match de gala en vue face au FC Séville, certainement l'adversaire le plus relevé de ta carrière. 

Oui, un club mythique, une belle destination ; une quinzaine d'amis ont déjà prévu d'y faire le déplacement. J'espère qu'il y aura une belle ambiance là-bas et un stade si possible comble, même si ce n'est que contre Dudelange (rires). Et on espère tenir la tête hors de l'eau face à un adversaire de ce calibre. Ce sera exceptionnel. 

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