L'incroyable histoire d'Eduardo Chillida : "Être gardien m'a appris énormément dans la vie d'artiste"
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Chillida était un grand espoir avant de devenir célèbre pour ses sculptures

L'incroyable histoire d'Eduardo Chillida : "Être gardien m'a appris énormément dans la vie d'artiste"

Il n'aura disputé qu'une saison et 14 rencontres professionnelles. Le rêve du talentueux portier basque fut brisé par Fernando Sañudo, machine à scorer, mais également à broyer, espagnol. Ce qui n'empêchera pas Chillida de devenir célèbre...

... Mais dans un autre domaine, et fortement influencé par sa courte expérience sportive.

Grand espoir, sollicité par le Real Madrid et le Barca

Si, en 1943, la Real Sociedad est montée en première division, elle le doit largement à son gardien. A 18 ans, Eduardo Chillida est tout bonnement impressionnant. Souvent sollicité, il encaisse 16 buts sur ce qui sera sa seule saison. Une collision avec l’attaquant Sañudo – le « furieux » en espagnol… - l’empêchera définitivement de revenir sur les pelouses.

Les ménisques brisés, cinq opérations à son genou n’y firent rien. Pourtant, le jeune Chillida était un fameux espoir. Les analystes de le comparer directement avec le légendaire Zamora. Les grands clubs, Real Madrid et Barcelone en tête, étaient déjà intéressés par ce profil atypique, très grand, mince, mais hyper efficace.

Une reconversion inattendue

Son rêve brisé, Chillida décida de reprendre des études d’architecture, qu’il finit par abandonner également. S’inspirant du football, il se dédie à la sculpture dès 1950. C’est ainsi qu’il va devenir un des plus grands artistes du XXème siècle. Les sculptures monumentales du Basque obtiennent de nombreux prix et sa renommée est internationale.

Le football toujours dans un coin de la tête 

L’ancien gardien n’oubliera jamais le football. Il explique, lors d’un entretien pour la presse espagnole avec le cinéaste Gonzalo Suarez : « J’ai toujours eu fortement en tête ce que j’ai appris en tant que footballeur. Les gens rigolent de moi quand je dis cela, mais le football m’a appris énormément de choses que j’utilise dans la sculpture. En tant que gardien, j’ai pris connaissance de nouvelles notions sur l’espace et le temps. Être gardien implique une vision du jeu exceptionnelle. ».

Le football, malgré ce qu’en disent certains sceptiques, est bien plus que du sport. Il s’agit d’un art, d’un phénomène social total, comme parvient à le démontrer Eduardo Galeano dans son œuvre « Le football, ombre et lumière ». L’écrivain uruguayen consacre d’ailleurs à son homonyme basque les lignes suivantes : 

Avant, au football, il faisait la même chose avec son corps"

"L'homme qui transforma le fer en vent [...] C'est ainsi que naquit l'un des grands artistes de ce siècle. Chillida travaillait avec des matériaux lourds, de ces matériaux qui s'enfoncent dans la terre, mais ses puissantes mains jetaient en l'air le fer et le béton, qui lorsqu'ils volent découvrent d'autres espaces et créent d'autres dimensions. Avant, au football, il faisait la même chose avec son corps".

Chillida décède en 2002, plus connu par sa maîtrise de la sculpture, que grâce à l’art du football.

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