Interview: Ladrière, la bonne affaire du mercato : "J'ai faim de football !"

Edgar Makangapar Edgar Makanga
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Benoît Ladrière, la bonne affaire du mercato : "J'ai faim de football !"
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Malgré une bonne saison en D1 à Waasland-Beveren, suivie d'une expérience positive à Avellino - club du haut de tableau en Serie B italienne, Benoît Ladrière est resté sans contrat en 2014-2015. "Pourtant, je ne me suis jamais autant entraîné qu'au cours des douze derniers mois", explique l'ailier.

Par Edgar Makanga

Son expérience, sa polyvalance, sa technique, sa vivacité et sa frappe sur coup franc rendraient des services à n'importe quelle équipe de la colonne de droite en Jupiler Pro League, ou à tout club ambitieux de D2. Et pourtant, Benoît Ladrière (28 ans) vient de vivre une saison blanche, sans le moindre contrat.

Comment le citoyen de Feluy en est-il arrivé là ? Après trois belles saisons à l'AFC Tubize (D2), l'ailier gauche - qui peut aussi évoluer dans l'axe ou à droite - avait pourtant largement contribué au maintien de la première saison de Waasland-Beveren en D1 (2012-2013), avec 23 matches (2 buts).

"Sous l'insistance de l'entraîneur Glen De Boeck, le club ne s'était pas contenté de lever mon option", explique Benoît Ladrière. "J'avais signé un nouveau contrat pour la saison 2013-2014, avec une option d'un an. Mais par la suite, Waasland-Beveren avait décidé de transférer une vingtaine de joueurs."

"Glen De Boeck n'a pas assumé son choix devant la direction de Waasland-Beveren"

L'ancien joueur de La Louvière, de La Gantoise et l'AFC Tubize fut l'une des victimes de ce mouvement de panique de la part de la direction du club du Freethiel.

"En préparation, je m'étais blessé lors du stage, à un moment où nous abordions des matches amicaux plus sérieux. Malheureusement, en fin de mercato, le coach n'a pas assumé son choix de me faire prolonger. Loin de moi l'envie de régler des comptes avec le club qui m'a lancé en D1. Mais simplement, je regrette que De Boeck n'ait pas défendu mon dossier auprès du directeur sportif Dirk Poppe, qui lui, n'était pas forcément enclin à me conserver. Il était plus aisé de se débarrasser d'un petit contrat ..."

Sans club à la fin de l'été 2013, Ladrière a dû patienter jusqu'en décembre avant de retrouver de l'embauche, en Italie, sous les couleurs de l'AS Avellino, un club du haut de tableau en Serie B italienne.

"Après avoir patienté durant trois semaines pour obtenir ma qualification, je suis resté à l'infirmerie pendant quatre semaines. Mais cela ne m'a pas empêché de disputer 15 matches, dont 11 titularisations. Avec Avellino, j'ai manqué de peu une participation au tour final pour monter en Serie A", raconte l'ailier.

La Serie B italienne ? Un niveau vraiment relevé"Partage cette citation:

Au terme de la saison 2013-2014, le président du club localisé au pied du Vésuve était prêt à lui offrir un bail de trois ans. "Il souhaitait que je devienne l'un des cadres de l'équipe mais le coach, lui, ne l'entendait pas de cette oreille. Il préférait composer avec les joueurs italiens de l'équipe, avec qui il travaillait déjà depuis plusieurs années. N'ayant pas l'assurance que je sois titulaire, le président a finalement renoncé à me présenter ce contrat de longue durée."

Le Hennuyer s'est énormément enrichi de son expérience en D2 italienne. "La Serie B est vraiment relevée, avec de nombreux clubs ayant un passé en Serie A. Chaque semaine, j'évoluais dans de grands stades, avec de bouillants supporters bouillants", ajoute-t-il.

Benoît Ladrière est donc libre depuis le terme de son aventure transalpine, il y a tout juste un an.

"Lors du mercato estival 2014, suite à ma bonne saison à Avellino, certains cercles de Serie B se sont intéressés à moi mais bizarrement, ces contacts n'ont jamais donné suite. Je suis donc retourné en Belgique", explique le médian, qui a effectué toutes ses classes à Anderlecht, entre 1993 et 2005, avant de goûter à l'élite dès la saison suivante, sous les couleurs de feu La Louvière.

Mons et ... Beerschot-Wilrijk aux nouvelles, avant deux tests à l'étranger

De retour au Royaume en juillet 2014, deux anciens clubs de D1 ont tenté de l'enrôler.

"Il y avait le KFCO Beerschot-Wilrijk, qui venait de réintégrer les séries nationales. Le projet était intéressant mais à mon âge, il aurait été suicidaire de m'enterrer en Promotion. Des équipes de D2 se sont également manifestés. Le RC Malines mais surtout le RAEC Mons. Mais l'instabilité financière de ces deux clubs m'ont refroidi et j'ai coupé court aux négociations. La suite des évènements m'a donné raison."

Durant toute la saison écoulée, Benoît Ladrière n'a pu trouver chaussure à son pied. "Lorsque que tu pars durant un an à l'étranger, tout le monde t'oublie", constate-t-il, amèrement. "En janvier, j'ai effectué deux tests à la Reggiana (Serie B italienne) et à Lleyon Orient (D3 anglaise). En Italie, je n'ai jamais reçu de retour malgré un test convaincant. En Angleterre, le club était en période à des diffficultés sportives et financières. Ensuite, j'ai reçu des offres en provenance de championnats exotiques, que j'ai refusées."

J'ai mené un travail physique important durant un an"Partage cette citation:

Malgré l'adversité, le milieu de terrain n'a jamais relâché la bride. "Beaucoup de clubs s'imaginent que je suis resté durant un an dans mon canapé mais ce n'est pas du tout le cas", détaille Ladrière.

"En vérité, je ne me suis jamais autant entraîné qu'au cours des douze derniers mois. Je me suis même adjoint les services d'un coach personnel, Fred Demeyer. Je cours pratiquement tous les jours. J'effectue mes soins chez Benjamin Tubiermont, l'ex-kiné de l'AFC Tubize. J'ai également profité de cette période pour effectuer divers exercices afin de renforcer mes ischo-jambiers. J'ai mené un travail physique important dans la prévention des blessures. Je suis à mon poids de forme. Bref, depuis un an, je mets tous les atouts de mon côté afin de répondre présent lorsqu'un club m'appelle."

En définitive, seul le ballon manque à Benoît Ladrière, malgré des entraînements réguliers au RRC Waterloo, pensionnaire de Promotion B.

"En plus de retrouver les terrains, j'avais cruellement le besoin de retrouver l'âme d'un vestiaire de football. À Waterloo, j'ai pu retrouver d'anciens coéquipiers tubiziens comme Vittorio Villano, Michaël Jonckheere et Muscal Mvuezolo", ajoute l'ancien Sang et Or, prêt à relever un nouveau défi.

Relancer ma carrière en Jupiler Pro League ou dans un club sérieux et ambitieux de Proximus League"Partage cette citation:

"J'espère vraiment relancer ma carrière dans un cercle de Jupiler Pro League. Je pense avoir le potentiel pour aider une équipe de seconde partie de tableau, ou éventuellement un club sérieux et ambitieux de Proximus League. Bref, un club professionnel à la recherche d'un joueur de mon profil. Ma motivation est extrême. J'ai faim de football comme jamais ! Je privilégie la Belgique, non sans exclure une nouvelle aventure en Europe. Naturellement, je sais qu'un contrat ne me va pas tomber du ciel. Mais je ne demande pas mieux que de pouvoir effectuer un test, de montrer mes qualités."

Cette année 2014-1015 aura blindé le mental de notre interlocuteur. "Après une saison blanche, j'ai acquis une grande force de caractère. Je remercie ma famille et ma copine, qui me soutienent énormément durant cette période", conclut Benoît Ladrière.

Avec une telle mentalité, nul doute que le Hennuyer parviendra à remonter la pente.




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