Une finale qui sent bon 1998 : la Croatie élimine l'Angleterre au bout de l'effort

Florent Malice
Florent Malice depuis Moscou
Une finale qui sent bon 1998 : la Croatie élimine l'Angleterre au bout de l'effort

France - Croatie : l'affiche est connue et elle fera plaisir aux nostalgiques. Les Croates s'offrent la première finale de Coupe du Monde de leur histoire, une fois de plus après 120 minutes mais cette fois sans tirs au but. L'Angleterre, elle, manquait cruellement d'idées...

Gueule de bois pour tous les supporters belges aujourd'hui, mais ne dit-on pas qu'il faut soigner le mal par le mal et donc le foot par le foot? Moscou accueille l'autre demi-finale qui oppose deux équipes moins flamboyantes que la Belgique et la France dans ce Mondial : la Croatie, passée par le chas de l'aiguille lors des deux derniers matchs, et l'Angleterre dont le jeu ne fait franchement pas rêver. 

Ambiance de finale 

Pour le supporter neutre, ce match est peut-être moins alléchant sur papier que la première demi-finale, mais nettement plus excitant dans les tribunes : la horde de supporters anglais présente au Luzhniki Stadium est plus bruyante que tout le stade de Saint-Pétersbourg réuni et sauve un peu l'honneur européen après des semaines d'ambiances sud-américaines dans les stades. Même hier, les Brésiliens se faisaient plus entendre que les Belges et les Français. 

Portés par ce public, les Three Lions commencent tambour battant : premier coup-franc dangereux obtenu par un Dele Alli omniprésent, Kieran Trippier prend ses responsabilités et trompe Subasic (5'). "It's coming home" : les Anglais filent vers leur finale et on se croit presque dans un stade de Premier League. Il faut dire que les Croates n'ont que peu de raisons de s'emballer : Modric et Rebic semblent dans un off-day total et le manque de jus après deux fois 120 minutes est évident. Les Russes, eux, ont choisi leur camp : Domagoj Vida a droit à sa bordée de sifflets à chaque toucher de balle. 

Malheureusement pour les Anglais, les flèches décochées en contre sont rapides, mais à tête creuse : Sterling comme Lingard  multiplient les mauvais choix au terme de leurs courses et Harry Kane est trop souvent hors-jeu. Nettement au-dessus physiquement, les Anglais ne tuent pas le match en première période. Ils le regretteront. 

Ivan le Terrible 

Car la Croatie, laissée sans pressing au retour des vestiaires, trouvera son second souffle... et retrouvera son football, à l'image d'un Modric redevenu soyeux. Longtemps interdite de passage côté gauche par Kyle Walker, il suffira d'un centre de Rebic venu de la droite : Ivan Perisic reprend magnifiquement (68'). L'ancien brugeois croit même faire 2-1 peu après mais sa frappe croisée trouve le poteau (72'). La courbe de confiance s'inverse : l'Angleterre perd complètement pied, à l'image d'un Pickford peu rassurant à la fois au pied et dans ses sorties. 

Les arrêts de celui-ci, notamment devant Mandzukic, et quelques interventions de Walker et Maguire sauveront toutefois la Reine jusqu'aux prolongations. Pour la troisième fois consécutive côté Croatie, ce qui fait tout de même l'équivalent d'un match complet (3x30 minutes). Pas de quoi faire la différence (et ce malgré aucun changement en 90 minutes côté croate) : la domination technique est totale.

La revanche aura bien lieu

Jordan Pickford sauve encore les meubles devant Mandzukic (106'), mais ne peut pas faire de miracles. L'Angleterre n'amène plus aucun danger et finit logiquement par craquer ; Mario Mandzukic finit par être récompensé (109') et nous offre une finale qui sent bon 1998 : France - Croatie. Un festival de bleu-blanc-rouge ce dimanche, tandis que la "revanche" de Kaliningrad entre Belges et Anglais aura bien lieu... samedi, à Saint-Petersbourg. Et cela risque d'être encore entre équipes bis.