Interview La CAN vue par un "Belge d'Afrique" : "Le point faible reste l'arbitrage"
Florent Malice
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Patrick Aussems, coach en Tanzanie, connaît bien l'Afrique et analyse la CAN 2019

La CAN vue par un "Belge d'Afrique" : "Le point faible reste l'arbitrage"

La Coupe d'Afrique des Nations arrive à son terme cette semaine. L'édition 2019, organisée en Egypte, a été saluée par les observateurs comme étant d'une belle qualité ; nous en avons discuté avec Patrick Aussems, coach du plus grand club de Tanzanie et fin connaisseur du football africain.

Patrick Aussems est coach du Simba SC, le plus grand club de Tanzanie, avec lequel il a atteint les quarts de finale de la Ligue des Champions africaine, et c'est depuis l'Afrique du Sud où il est en stage avec son équipe qu'il a répondu à nos questions sur cette édition de la CAN 2019 qui se termine ce vendredi. 

"On remarque tout de même qu'à partir des quarts, l'avance qu'ont les grands pays ayant des joueurs en Europe se fait ressentir et ils finissent par l'emporter. Le reste de l'Afrique conserve un retard bien normal", souligne notre interlocuteur avant Sénégal-Algérie ce vendredi. Mais quelques bonnes surprises sont à pointer : le Bénin et Madagascar, en particulier. Aussems a travaillé au Bénin de 2006 à 2009 et n'est pas surpris de la réussite des Écureuils. 

"Ca ne m'étonne pas tellement, non. Du temps où j'étais directeur technique au Bénin, on travaillait beaucoup sur la jeunesse, avec des talents de 14-15 ans. On savait que cela donnerait les fruits dans une dizaine d'années et c'est ce qui se passe", se réjouit le coach de Simba. "Madagascar, c'est différent : ils ont engagé un coach français et attiré des joueurs d'origine malgache, comme Jérémy Morel de Marseille. Ca leur a permis d'atteindre un certain niveau. Madagascar est une grande île, où le foot est très populaire ; c'était une surprise, oui, mais il y a du potentiel".

La déception est peut-être venue de la République Démocratique du Congo, où tant de Belgicains évoluent et qui compte l'un des noyaux les plus talentueux d'Afrique, mais ne montre aucune cohésion. "Je connais bien Florent Ibenge, le sélectionneur", explique Patrick Aussems qui a lui travaillé au Congo-Brazzaville. "Le problème au Congo est l'opposition entre joueurs évoluant à l'étranger et en RDC. L'harmonie n'est pas là. Et les "stars" de l'étranger entrent souvent en conflit avec la fédération. Ces joueurs arrivent blasés en sélection". 

La conclusion de Patrick Aussems est assez positive concernant cette CAN : "On peut dire que le niveau aura été bon et que la progression est bien là. Les pays qui réussissent le plus restent ceux dont les joueurs évoluent en Europe, mais certains clubs et pays africains commencent à avoir de bonnes infrastructures et installations", souligne-t-il. "Je reste déçu de l'arbitrage, cela dit. Cela reste le point faible. Même avec le VAR, les décisions sont mauvaises. La CAF doit progresser à ce niveau. Les joueurs "européens" ont un arbitrage de haut niveau et font face à ça en revenant en sélection ...".

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