Interview La BGL face au défi de la professionnalisation : "Certains travaillent sur le chantier toute la journée avant de venir s'entraîner"
Antoine Arnould
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La BGL face au défi de la professionnalisation : "Certains travaillent sur le chantier toute la journée avant de venir s'entraîner"

La BGL face au défi de la professionnalisation  : "Certains travaillent sur le chantier toute la journée avant de venir s'entraîner"

Nombreux transferts entrants, y compris de joueurs provenant d'autres championnats européens, ambitions sportives revues à la hausse, prestations sur la scène européenne : les clubs de BGL évoluent rapidement. Néanmoins la plupart d'entre eux reste dans des structures amateures.

Pedro Paralta nous a donné son avis sur le réel niveau de l’élite luxembourgeoise, souvent sous-estimée à ses yeux. Le T2 du FC UNA Strassen est également revenu sur les nouveaux défis engendrés par le développement du football luxembourgeois. Pour lire la première partie de l’entretien et la présentation de Monsieur Paralta, c’est par ici.

BGL : un championnat à la mode… mais encore sous-estimé ?

L’homme de 38 ans a déjà foulé de nombreux terrains belges et luxembourgeois, et autant de salles de classe pour obtenir les diplômes UEFA. Il est donc bien placé pour comparer la BGL au football belge : « Parfois on a tendance à trop poser cette question. J’ai croisé des joueurs qui avaient un parcours dans des divisions 1 européennes et quand ils arrivent en BGL, ça ne passe pas. Mais j’ai aussi constaté le contraire ; des petits jeunes qui percent en BGL de manière inattendue. En fait je pense que la mentalité des joueurs et le côté psychologique sont les facteurs déterminants ».

Et Pedro Paralta de poursuivre : « Je pense qu’il y a plus de qualités qu’on ne le pense […] Regardez les matchs de Dudelange en Europe par exemple. On y croit pas assez. Pourtant il y a suffisamment de qualités, d’engagements et d’envie chez les joueurs qui n’attendent qu’une seule chose : montrer leurs capacités ».

Selon notre interlocuteur, qui a également formé des jeunes par le passé, l’investissement effectué dans la formation ces dernières années va bientôt porter ses fruits : « Il y aura encore plus de qualités à l’avenir. La fédération luxembourgeoise suit et forme particulièrement des jeunes depuis 10 ans. On va bientôt voir débarquer ces jeunes de 18-19 ans en BGL. Si on leur donne leur chance et qu’on y croit, il y a moyen de faire beaucoup plus ».

Qui dit nouvelles ambitions dit nouveaux défis

Un des prochains défis sera l’éventuelle professionnalisation des clubs. Même si à Strassen, on n'y est pas encore : « En BGL, il y a des équipes comme Dudelange qui ont des joueurs pros. A Strassen, tout le monde a son job sur le côté, y compris les coachs. C’est pas toujours facile après 8 heures de boulot de venir à l’entraînement. Certains passent la journée devant un ordi, d’autres sont ouvriers et travaillent toute la journée sur chantier. Il faut beaucoup d’engagement et de motivation. La professionnalisation sera un défi majeur. Pour le moment, il faut faire avec et se surpasser. Cela permet aussi de relativiser les choses, notamment quand on joue un match contre des pros qui ne font que ça toute la semaine ».

"Le côté humain se perd, comme dans toute la société"

Cela dit Pedro Paralta est satisfait de sa situation actuelle et de celle de Strassen, qui a terminé 6ème avec le même nombre de points que Dudelange la saison passée. Et l’un des éléments le plus appréciés par notre T2 est la simplicité, celle qui rend les relations humaines plus authentiques et horizontales :

« Quand j’ai commencé à jouer au foot, on était plus focalisés sur le côté humain des choses. Maintenant, ça se perd un peu, pas seulement dans le foot, mais dans toute la société. Moi j’insiste toujours dans les vestiaires avec les joueurs sur la notion de respect. Et à Strassen, il y a de nombreuses personnes que je dois remercier pour cela, à commencer par le Président Léon Hilger. Et si quelqu’un m’a apporté et donné énormément, c’est Manuel Correia, l’entraîneur principal. Pas seulement d’un point de vue foot, mais en tant que personne tout simplement. Il compte énormément pour moi et il dit toujours les choses comme il les ressent ». La saison prochaine, le duo lusophone tentera d’amener le FC UNA Strassen dans le top 5 d’une BGL qui risque d’être de plus en plus suivie et respectée.

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