Interview Son nom de famille vous dira peut-être quelque chose : cette Belge est une star absolue en Égypte !

Florent Malice
Florent Malice depuis Seattle
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Son nom de famille vous dira peut-être quelque chose : cette Belge est une star absolue en Égypte !
Photo: © SC
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Le nom de famille Iannacone vous dit peut-être quelque chose. Michel Iannacone, ex-entraîneur des gardiens de Charleroi, est devenu une star en Égypte. Mais sa fille, Alicia, fait tout aussi fort : avec plus d'1,2 million de followers, elle est l'une des influenceuses foot majeures du monde arabe !

Quand on évoque le nom de famille Iannacone en Wallonie, les supporters du Sporting Charleroi et du RAEC Mons ont les yeux qui brillent. L'ancien entraîneur des gardiens des Zèbres et des Dragons était très apprécié du public, et a relevé un défi surprenant en 2019 quand il a rejoint Al-Ahly, l'un des plus grands clubs d'Afrique, en Egypte.

Là-bas, Michel Iannacone est devenu une star. Mais ce que le public belge ignore, c'est que sa fille, Alicia Iannacone, est une véritable sensation des réseaux en Egypte et en Afrique. Avec 1,3 millions de followers sur Instagram, 1,6 sur TikTok et 1 million sur Facebook, Alicia est la Belge la plus célèbre d'Egypte et alors que nos Diables affronteront les Pharaons lundi, nous avons souhaité nous entretenir avec elle en exclusivité.

Une aventure égyptienne folle

Quand Michel Iannacone signe à Al-Ahly, sa famille voit tout cela avec des yeux ronds. De l'anonymat relatif de Tubize où il venait de signer, l'entraîneur des gardiens débarque dans la folie égyptienne. "Quand papa a signé à Al-Ahly, c’était une aventure un peu folle pour toute la famille", se rappelle Alicia, qui n'a pas tout de suite été s'installer au Caire.

"Au début, je faisais beaucoup d’allers-retours. Et ensuite je me suis dit, pourquoi pas ? J’avais envie de découvrir autre chose. Suivre papa dans son parcours était aussi important pour moi", continue-t-elle. "L’Égypte, ce n'est pas le genre de destination où tu te projettes facilement depuis la Belgique, mais j’ai sauté le pas et honnêtement, je ne l’ai jamais regretté. C’est un pays magnifique!". 

De façon assez surprenante, Michel Iannacone, avec sa personnalité chaleureuse, devient une star à Al-Ahly. Et sa fille aussi : "Ca m'a beaucoup touchée. Les supporters égyptiens ont quelque chose d’incroyable, leur passion pour le football est totale. Mon père était entraîneur des gardiens, un rôle qu’on oublie souvent en Europe, et là-bas il était (et est toujours) reconnu dans la rue, adulé. Incroyable ! Et par extension, moi aussi j’ai été accueillie avec une chaleur que je n’attendais vraiment pas. Je me suis sentie chez moi très vite", se rappelle Alicia. 

Dès lors, elle se lance progressivement dans les vidéos sur les réseaux, sans en faire un objectif de carrière le moins du monde. "Au départ, j’avais fait quelques shootings, un peu de modélisme, mais sans vraiment savoir où ça me menait. Le football, je le côtoyais depuis toujours grâce à mon père et mes frères : à la maison, c’était toujours du foot, H24", sourit-elle.  "Mais me voir “influenceuse” dans ce milieu ? Non, vraiment pas. C’est venu assez naturellement et progressivement. Je ne me suis jamais dit un matin “je vais devenir influenceuse sport.” C’est la vie en Égypte qui a tout déclenché".

L'influenceuse sport n°1 en Égypte est belge !

Et quand on dit tout, c'est vraiment "tout" : Alicia Iannacone décide de se mettre à partager ses expériences au stade en vidéo, et fait progressivement sensation. Très vite, elle trouve son public : "Je pense que le déclic, c’est quand j’ai trouvé mon ton, ce mélange entre l’univers du foot, la culture égyptienne, et ma propre personnalité. Certaines vidéos ont explosé", reconnaît-elle. "Les gens sentent quand c’est authentique. À partir du moment où j’ai arrêté d’essayer de “faire comme” les autres et que j’ai juste été moi-même, ça a pris".

Mais ça ne pouvait prendre... qu'en parlant la langue du pays, et si vous découvrez aujourd'hui la page Instagram d'Alicia, vous l'entendrez parler... un arabe parfait. "Ca surprend souvent les Belges !", rit-elle. "Ma famille me demande constamment des sous-titres (rires). J’ai appris l’arabe vraiment sur le terrain, au quotidien. Quand tu es immergée dans un pays, que tu vis avec les gens, que tu veux créer du contenu pour eux et pas juste être “l’étrangère de service”, tu n’as pas le choix —tu apprends". 

C'est même en assumant ces erreurs d'apprentissage qu'elle se met tout le monde dans la poche. "J'ai parfois corrigé mes erreurs en direct, et les gens adoraient ça au début, me corriger gentiment. Ça crée un lien. J’adore apprendre les langues, j’en parle quatre pour le moment, et quand j’aurai fini avec l’arabe, je m’attaquerai à la cinquième (rires)".

Invitée par le Portugal avant la Coupe du Monde 

Aidée de son compagnon, rencontré en Egypte ("il a un oeil pour le cadrage et m'aide énormément"), Alicia grimpe, grimpe, grimpe... jusqu'à devenir l'une des références du monde arabe sur les réseaux. Elle termine ainsi 2e influenceuse sportive MENA (Middle East/North Africa) en 2025, et multiplie les opportunités. "J'ai vécu tellement de grands moments, je me sens si chanceuse", s'émeut-elle. "Être sur le terrain lors de matchs importants me donne toujours des frissons, que ce soit pour la Coupe du Monde des Clubs ou la Ligue des champions, être si proche de Cristiano Ronaldo, rencontrer des joueurs qui m’ont fait rêver sur le terrain...". 

Proche de CR7, Alicia et son équipe le sont à un tel point... qu'ils ont récemment été invités aux matchs amicaux du Portugal avant la Coupe du Monde 2026. Un moment surréaliste de plus. "Il y a eu des moments où je me retrouvais dans une situation en me disant “mais qu’est-ce que je fais là ?!”, dans le bon sens du terme. Des rencontres incroyables, des émotions très fortes". Bien sûr, ce job n'est pas sans moments difficiles. "Ce qui est le plus dur, c’est peut-être la pression de la constance. Les gens s’habituent à te voir, et si tu disparais même quelques jours, ça se ressent. Les déplacements permanents, c’est intense. Et la Belgique me manque, évidemment. J’essaie de rentrer voir ma famille aussi souvent que possible, mais ce n’est pas toujours évident avec le rythme qu’on a", regrette Alicia. 

Nul n'est prophète en son pays...

Ce qui nous frappe en préparant ce sujet, c'est que malgré son succès retentissant en Egypte, personne n'a jamais parlé de "Ali" Iannacone en Belgique. Nul n'est prophète en son pays, et la réussite d'Alicia n'est que peu couverte chez elle. "Ca me touche que tu soulèves ça. En Belgique, effectivement, on me connaît peu, et oui, quelque part ça me manque. Pas pour l’ego, mais parce que c’est là d’où je viens, c’est mon identité", reconnaît-elle.

"Que mon travail soit reconnu dans le monde arabe, en Afrique, c’est immense et j’en suis fière. Mais que l’on puisse un jour en parler chez nous, que des jeunes Belges se disent “tiens, elle a fait quelque chose d’original là-bas”… oui, ça compte pour moi". L'occasion était donc belle, avec ce Belgique-Egypte qui se profile, d'enfin mettre Alicia Iannacone en lumière.

"Ce match, c'est un cadeau absolument inespéré, vraiment. Je n’y croyais pas lors du tirage. La Belgique contre l’Égypte, mes deux maisons. Je n’aurais pas pu rêver mieux. C’est à la fois magique et compliqué, parce que tu ne peux pas vraiment “choisir.” Tu veux juste que ce soit un grand match", déclare-t-elle. "C'est difficile, honnêtement, je vais souffrir (rires). Je serai au stade et mon coeur battra la chamade. Que le meilleur gagne, les deux pays m’ont apporté énormément à des moments différents de ma vie".

Et pour la suite, quels sont les rêves d'Alicia ? "Continuer à grandir, à raconter des histoires qui ont du sens et de continuer à transmettre cette passion pour le foot. Mais je crois qu’il y a encore plein de choses à explorer, d’autres sports, peut-être des projets plus longs, plus documentaires. J’ai envie que ce que je fais laisse une trace, pas juste des vues. Que dans dix ans, on puisse dire que j’ai contribué à quelque chose". C'est tout ce qu'on lui souhaite.

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