Il espérait mieux : le tournoi frustrant de Dodi Lukebakio
Photo: © photonews
Et dire qu'au début du tournoi, nous écrivions qu'il pouvait devenir le Dries Mertens de cette génération. Après avoir gagné des points en mars (du moins le pensait-on), Dodi Lukebakio n'a pour l'instant joué aucune minute dans son vrai rôle.
Un superbe doublé en sortie de banc contre les États-Unis, un but en tant que titulaire face au Mexique : on pensait, en mars dernier, que Dodi Lukebakio avait posé de solides arguments sur le bureau de Rudi Garcia à quelques mois de la Coupe du Monde. Pourtant, le sélectionneur avait paru tiède après coup : "Je regarde aussi le travail défensif", avait-il insisté.
Résultat : pas une minute en Croatie, un petit quart d'heure (lors duquel il a... encore marqué !) face à la Tunisie. Le doute s'installait à nouveau, mais à nos yeux, c'était clair : Lukebakio allait avoir un rôle à jouer dans ce Mondial. Lors d'une table ronde avec la presse en début de tournoi, avant le premier match, il paraissait détendu, confiant, et prêt à endosser le rôle de supersub. Un joker à la Dries Mertens ? C'est tout ce qu'on lui souhaitait.
À peine 10 minutes dans son "vrai" rôle
Mais face à l'Égypte, Dodi Lukebakio n'aura finalement pas obtenu une seule minute. La faute au scénario ? Certains diraient "malgré" le scénario, à savoir malgré un Doku pas dans son match et un Trossard qui était loin du niveau qu'il affichera face à la Nouvelle-Zélande. La Belgique avait besoin d'un décapsuleur, et Lukebakio, de par les choix de Garcia, est l'un des seuls à disposer de ce profil en sortie de banc.
Mais "la faute" au scénario aussi : les Diables paraissaient très friables derrière, et sans un grand Courtois, c'est par une défaite qu'ils auraient entamé leur tournoi. Faire entrer Lukebakio aurait signifié le tout à l'attaque, et une prise de risque énorme au vu du match assez calamiteux que sortait alors Thomas Meunier.
Puis vint le match face à l'Iran... et là, un scénario encore plus catastrophique : Dodi monte à la 58e à la place d'Alexis Saelemaekers... mais à la 66e, Nathan Ngoy prend son carton rouge. Ni une, ni deux, l'ailier du Benfica est sacrifié : il évoluera seul en pointe, dans un rôle qui lui convient peu. On ne peut pas lui en vouloir de ne pas avoir eu un réel impact dans ces circonstances.
Rudi Garcia doit faire attention à ne pas le perdre
En interne, il se dit que quelques joueurs ont un peu de mal à gérer leur manque de temps de jeu, du moins ceux qui espéraient mieux. Dodi Lukebakio, clairement, fait partie des déçus, même s'il continue à travailler dur. Le fait de ne même pas être entré au jeu contre une faible Nouvelle-Zélande dans un match où il fallait marquer des buts lui a probablement fait très mal. Mais il semblerait qu'Alexis Saelemaekers l'ait désormais clairement dépassé dans la hiérarchie.
Face au Sénégal, Lukebakio sera encore une fois dépendant des scénarios, car visiblement, Rudi Garcia, pour une raison qui nous échappe un peu, ne le considère pas nécessairement comme un indispensable en sortie de banc. On ne peut qu'espérer pour lui qu'au fil du tournoi - si le parcours ne s'arrête pas mercredi - il pourra détromper le sélectionneur...
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