Gianni Infantino isolé ? Une grande alliance pourrait faire échouer son projet
Photo: © photonews
Le projet de Gianni Infantino de vendre une partie des droits commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés suscite de nombreuses critiques. Malgré cette opposition, le président de la FIFA garde la main. Peu d'acteurs sont en mesure de l'arrêter.
Ces dernières années, Gianni Infantino s'est construit une base de pouvoir solide au sein de la FIFA et peut compter sur le soutien d'une grande partie des 211 fédérations affiliées. En particulier en Afrique, en Asie, en Océanie et dans certaines régions d'Amérique du Sud, l'appui au président de la FIFA est important.
L'Europe détient la plus grande puissance sportive
Il existe un bloc capable de peser : l'Europe. L'UEFA a été la première organisation de football à s'opposer ouvertement aux projets, estimant que la FIFA franchit une limite qui n'aurait jamais dû. L'instance européenne a d'ailleurs publié un communiqué ce jeudi.
Selon plusieurs analystes, seul un front européen uni peut mettre la FIFA sous pression. Cela ne concerne pas que les 55 associations membres de l'UEFA, mais aussi les plus grands clubs, les championnats nationaux et le syndicat des joueurs FIFPro. Ils représentent l'essentiel du talent footballistique mondial.
Lors de la dernière Coupe du monde, six des huit quarts de finalistes venaient d'Europe. De nombreux internationaux de pays comme le Maroc ou l'Argentine ont été formés en Europe ou évoluent dans des clubs européens de premier plan. Sans les stars européennes, la Coupe du monde n'aurait pas la même allure.
Les gouvernements peuvent intervenir
Au-delà du monde du football, les gouvernements nationaux et la Commission européenne pourraient jouer un rôle important. Plusieurs responsables politiques se sont montrés critiques ces derniers jours à propos des plans d'Infantino.
Une plainte a été déposée auprès des autorités européennes contre la FIFA pour un possible abus de position dominante. L'instance est accusée d'avoir élargi, de manière unilatérale, le calendrier international au cours des dernières années.
Pour l'instant, plusieurs fédérations d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et d'Asie ont fait part de leurs réserves. Elles reprochent à la FIFA d'avoir avancé sur ce projet sans concertation.
En Europe, les discussions se poursuivent entre les fédérations, les ligues, les clubs et les représentants des joueurs. Sans une position commune, il sera difficile de faire évoluer ce dossier.
Infantino conserve un soutien important au sein de la FIFA. Tant qu'aucune opposition plus large ne se met en place, le président de l'instance mondiale a peu de raisons de renoncer à son projet.
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