L'Italie vue par Mario Innaurato: "Le traumatisme de 2018 est derrière la Squadra Azzura"

Pierre Ghislain
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L'Italie vue par Mario Innaurato: "Le traumatisme de 2018 est derrière la Squadra Azzura"
Photo: © photonews

Ancien préparateur physique de l'AC Milan et de la Fiorentina, suiveur attentif de la Serie A, Mario Innaurato nous présente la Squadra Azzura, qui débutera son Euro contre la Turquie vendredi soir et qui, pour lui, fait partie des outsiders pour le titre de champion d'Europe.

S'il a été préparateur physique des Diables Rouges et du Sporting d'Anderlecht, Mario Innaurato a aussi officié à l'étranger. Auprès de la sélection ivoirienne, à Séville, mais aussi en Serie A, à Milan et à la Fiorentina. Consultant régulier pour Eleven Sports, il commente aussi fréquemment les matchs de Serie A et il a accepté de nous parler de la Squadra Azzura, qui ouvrira l'Euro ce vendredi soir. 

Bonjour Mario, on est à quelques heures du coup d'envoi du match d'ouverture. Comment sentez-vous la Squadra avant son entrée dans le tournoi? 

Je sens une équipe italienne très sereine. Les Italiens ont su éviter les gros pépins de dernière minute, ils ont fait forte impression en qualifications (30 sur 30 comme les Diables), un excellent dernier match de préparation (victoire 4-0 contre la République Tchèque)... ils sont prêts. Même si ce ne sera pas évident contre la Turquie, qui avait posé pas mal de problèmes à la France en éliminatoires et qui n'aura rien à perdre vendredi soir. 

C'est pourtant une Italie qui revient d'assez loin, après cette Coupe du monde manquée en 2018... 

J'étais à Milan à l'époque et ça a été vécu comme un véritable traumatisme dans ce pays de football. C'était aussi la fin d'une génération, avec les départs des Buffon, De Rossi et autres, mais l'Italie a su rebondir. Avec un coach qui a su mettre sa culture de la gagne au service de son équipe. Avec City, l'Inter, le Zénith... Roberto Mancini a gagné partout où il est passé et il a su transmettre sa mentalité de gagnant à ses troupes. 

Après cet échec, il a fallu renouveler les cadres côté italien?

Oui et non, parce qu'effectivement quelques cadres ont tiré leur révérence, mais il reste encore des anciens comme Giorgio Chiellini et Leonardo Bonucci. L'inconvénient de l'âge ou l'avantage de l'expérience, ça reste un débat éternel... Mais un bon mix entre jeunesse et expérience peut être explosif et le mix italien entre les anciens et les nouveaux sera très intéressant à suivre durant ce tournoi. 

Quand on pense à la Squadra, on pense en général au Catenaccio. Ça se tient encore aujourd'hui? 

Pas vraiment. L'Italie est beaucoup plus joueuse qu'elle n'a pu l'être par le passé. Et, au-delà de ça, c'est une équipe très flexible tactiquement, capable de s'adapter, de jouer avec un ou deux attaquants, avec une défense à trois ou à quatre, même si le quatre défensif conserve la préférence de Roberto Mancini. Cette flexibilité tactique et cette capacité d'adaptation, c'est un véritable atout, surtout dans un grand tournoi et c'est aussi la marque des grands coachs. 

Et que peut-on attendre de cette Squadra Azzura durant cet Euro?

Comme souvent, cela va dépendre de l'efficacité, devant et derrière. Ciro Immobile sera particulièrement attendu, on va voir comment il va se débrouiller. Entre les perches, Gianluigi Donnarumma prouve qu'il est au niveau. Avec un buteur et un gardien en forme, on peut aller très loin. 

Vous placeriez l'Italie parmi les favoris? 

Pour moi, il y a deux grands favoris, ce sont la France et la Belgique. Deux nations qui ont quelque chose en plus que les autres. Derrière, je placerais en effet l'Italie en embuscade, parmi les principaux outsiders. Car cette équipe a pas mal d'atouts à faire valoir. 

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