Human Rights Watch tire la sonnette d'alarme avant la Coupe du monde 2026 : "On risque la catastrophe"
Photo: © photonews
Alors que la Coupe du monde 2026 approche, l'inquiétude grandit du côté des organisations de défense des droits humains. Aux États-Unis, les critiques se font notamment de plus en plus entendre concernant la gestion de la sécurité, de l'immigration et de la protection des minorités.
C'est par voie de communiqué que Human Rights Watch prévient : la prochaine Coupe du monde pourrait se transformer en une “catastrophe en matière de droits humains”. L'organisation s'inquiète surtout du rôle possible de la police américaine de l'immigration (ICE) et alerte sur le traitement réservé aux groupes minoritaires pendant le tournoi.
Inquiétude autour de l’ICE
La responsable Minky Worden a tiré la sonnette d’alarme dans un entretien accordé au média allemand ntv.de. “La Coupe du monde restera probablement le plus grand événement sportif au monde, mais sur le plan des droits humains, elle ne risque certainement pas d’être la meilleure Coupe du monde de tous les temps”, a-t-elle lâché, sans détour.
C’est surtout la présence potentielle de l’ICE qui suscite une forte inquiétude. Selon Minky Worden, il s’agit d’un service d’immigration dur et controversé, qui, d’après elle, agit souvent de manière “brutale et inhumaine”, y compris envers des personnes résidant légalement aux États-Unis.
La manière dont l’ICE serait concrètement mobilisée durant le Mondial reste, pour l’instant, floue. Rodney Barreto, coprésident du comité d’organisation à Miami, a toutefois déclaré récemment avoir reçu des garanties du secrétaire d’État Marco Rubio : aucun agent de l’ICE ne serait présent dans les stades lors des matches de Coupe du monde.
Malgré cela, Human Rights Watch redoute que les tensions politiques aux États-Unis soient nettement perceptibles pendant la compétition. L’organisation pointe notamment la politique du président Donald Trump et son impact sur les minorités.
Une forme de corruption ?
D’après Worden, plusieurs villes hôtes sont en défaut lorsqu’il s’agit de protéger les groupes minoritaires. “Sur les quatre plans d’action publiés, seul Atlanta mentionne explicitement les droits des personnes LGBT”, a-t-elle constaté avec déception.
La décision de la FIFA d’attribuer l’an dernier un Prix spécial de la paix à Trump passe également très mal auprès de Human Rights Watch. Worden a même qualifié ce choix de “forme de corruption” et accuse la FIFA de vouloir délibérément ménager le président américain.
Human Rights Watch n’est d’ailleurs pas seule à formuler ces critiques. Amnesty International avait déjà averti, dans un rapport détaillé, que la Coupe du monde 2026 risque de devenir “une plateforme de répression et de pratiques autoritaires”. Ce Mondial s’annonce donc non seulement sportif, mais aussi politiquement très agité.
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