Analyse Un "vieux" critiqué, un miracle au troisième match : le Sénégal a des airs de Belgique

Florent Malice
Florent Malice depuis Seattle
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Un "vieux" critiqué, un miracle au troisième match : le Sénégal a des airs de Belgique
Photo: © photonews
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Le Sénégal est passé par le chas de l'aiguille en poules, dans un groupe nettement plus relevé que celui de la Belgique. Comme les Diables Rouges, les Lions de la Teranga veulent "vraiment" commencer leur tournoi.

Quel était le "groupe de la mort" dans la phase de groupes de cette Coupe du Monde 2026 ? On pourrait pointer celui de l'Angleterre et de la Croatie, deux équipes habituées aux derniers carrés des grands tournois précédents et accompagnés d'un solide Ghana. Ou celui du Portugal et de la Colombie, où la RDC a tenu son rang et l'Ouzbékistan était loin de faire office de sparring partner.

Mais le groupe I était peut-être le plus relevé dans l'ensemble : avec la France, l'un des grands favoris du tournoi, la Norvège qui en est peut-être le "dark horse" n°1, et le vainqueur sportif de la dernière CAN, le Sénégal. Un groupe où l'Irak n'a bien logiquement pu récolter que des miettes (aucun point, un but marqué).

Le Sénégal a dû réaliser un (petit) miracle

L'ordre des matchs forçait le Sénégal a sortir le grand jeu dès le début du tournoi : les Lions de la Teranga ont commencé leur Coupe du Monde face à l'invincible armada de la France, et a même dominé les Bleus pendant un peu plus d'une mi-temps. Puis, le réveil français et un doublé phénoménal de Mbappé auront été impossibles à gérer. 

Face à la Norvège, le Sénégal était donc dos au mur : il fallait au moins prendre un point pour espérer éviter la lotterie de la troisième place. Là encore, les champions d'Afrique autoproclamés finiront par céder face à un génie : Erling Haaland, dont le doublé en seconde période scelle la victoire de la Norvège (3-2). Six buts encaissés en deux matchs, trois marqués : la Belgique est prévenue, il y aura très probablement des espaces et du spectacle mercredi à Seattle. 



Mais cette différence de buts fort désavantageuse laissait aussi le Sénégal dos au mur lors de son dernier match. Bien plus encore que la Belgique. Les Lions de la Teranga devaient non seulement gagner mais absolument écraser l'Irak pour éviter non pas la deuxième ou la troisième place, mais l'élimination. Ironiquement, ce Sénégal-Irak, nous l'avions suivi avec dans un coin de la tête le fait que notre futur adversaire nous dépasserait au classement des meilleurs troisièmes en cas de large victoire. 

On a bien vite compris que le Sénégal le ferait. Un but après 4 minutes, un carton rouge irakien après 10 minutes : dans ces circonstances idéales, les Sénégalais ont fait parler la poudre en seconde période et fini par en planter cinq, assurant leur place parmi les meilleurs troisièmes... dont ils étaient l'un des épouvantails, en compagnie de l'Équateur probablement. 

Sadio Mané n'a pas encore vraiment lancé son tournoi 

Un peu comme la Belgique, donc, le Sénégal cherchera à faire table rase de ce qui s'est mal passé durant la phase de poules. Mais les Lions arrivent en 16e entourés de moins de doutes tout de même, au vu de leur tirage particulièrement compliqué - alors que les Diables Rouges n'ont certes pas perdu, mais galéré face à des équipes de moindre calibre. 

Autre point commun entre les deux équipes : le Sénégal compte en ses rangs un joueur qui a fait énormément pour sa sélection et son pays... mais a pu être pointé du doigt et remis en question vu son âge et ses performances récentes. Ce joueur, c'est bien sûr Sadio Mané (34 ans), 54 buts en 129 caps, mais qui n'a pas trouvé le chemin des filets en trois fois nonante minutes durant la phase de poules. L'ex-star de Liverpool et du Bayern Munich est loin de son meilleur niveau, même s'il reste sur une saison assez prolifique... en D1 saoudienne (10 buts et 6 assists en 25 matchs avec Al-Nassr). 

Comme son équipe, Mané voudra donc lancer son tournoi mercredi. C'est dans ce genre de grands matchs que les joueurs de son calibre se révèlent, comme quand il inscrivait le seul but sénégalais en demi-finale de la CAN en janvier dernier. La Belgique est prévenue : Sadio Mané veut lui aussi prouver qu'il n'est pas un has-been. 

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