L'Union Belge devra s'inspirer du Sénégal sur un point à l'avenir
Photo: © photonews
Récemment, nous vous expliquions le rôle de Cheikhou Kouyaté au sein de la sélection sénégalaise. Une sorte de relais entre le staff et le vestiaire, qu'il connaît mieux que quiconque. Une idée dont peut s'inspirer l'Union Belge.
Le Sénégal a traversé une zone de turbulences ces derniers mois, c'est le moins qu'on puisse dire. Entre la perte sur tapis vert de son titre de champion d'Afrique conquis sur le terrain et des tensions à leur comble avant et pendant le début de la Coupe du Monde 2026, les Lions de la Teranga ont connu des déboires malheureusement trop fréquents chez les grandes nations africaines à l'approche de grands tournois.
Primes non-payées, logement de standing insuffisant, le chef attitré de la sélection qui n'a pas fait le déplacement aux USA (forçant les joueurs à...commander des plats) : les conditions dans lesquelles le Sénégal a entamé son tournoi n'étaient pas idéales. Mais un homme a certainement évité que tout explose : Cheikhou Kouyaté. Nous vous l'avions expliqué : Pape Thiaw en a fait son relais entre le vestiaire et le staff. L'ancien capitaine et mentor de la sélection est adulé au pays et par ses ex-équipiers. Dans une équipe en pleine transition de génération, c'est un énorme atout.
Un ancien aurait fait du bien aux Diables Rouges
Après les deux premiers matchs de poules, nous nous étions dit que c'était peut-être bien ce genre de profil qui manquait à Rudi Garcia et à son staff. Bien sûr, l'Union Belge ne doit s'inspirer d'à peu près rien de ce qui se passe en coulisses à la FSF - l'organisation de cette Coupe du Monde est exemplaire, avec un centre d'entraînement d'une qualité saluée par les anciens comme les nouveaux, par exemple. Mais intégrer un ancien au staff? Voilà qui aurait été utile.
On a cru que Jan Vertonghen remplirait ce rôle. L'ancien défenseur de Tottenham, recordman de caps avec les Diables Rouges, travaille à sa reconversion et le fait au sein de l'Union Belge. Il avait même participé à une réunion avec la presse à l'approche de la Coupe du Monde. Le vestiaire, il le connaît ; comment bien communiquer aussi. La pression d'une Coupe du Monde ? Il en a disputé trois : deux se sont magnifiquement passées, une a été un fiasco complet - en partie à cause de tensions dans le vestiaire et avec la presse.

Après deux matchs manqués en poules, la tension était palpable en coulisses à l'Union Belge. Le pompier Tielemans avait été envoyé en conférence de presse mais Rudi Garcia a brillé par son absence : le sélectionneur ne donnera sa première interview hors-points presse obligatoires dans cette Coupe du Monde qu'en ce début de semaine, soit après que le calme soit à peu près revenu mais aussi après une sortie piquante sur certaines critiques émises par la presse.
Vertonghen, Hazard, Mignolet... Witsel à l'avenir ?
Un relais comme Jan Vertonghen aurait probablement pu aider à gérer ce genre de moments, à apaiser le vestiaire, à discuter avec les joueurs (notamment ceux qui ont moins de temps de jeu). Si "Sterke Jan" ne le voulait pas, les candidats ne manquaient pas : Eden Hazard, bien sûr, même si le sérieux d'un tel rôle lui convient moyennement, ou Simon Mignolet universellement respecté. On se demande aussi où est Thomas Vermaelen. En un sens, Axel Witsel a été sélectionné en partie pour ça et est un pont idéal entre les jeunes (surtout Moreira et Raskin) et les anciens. Mais il reste joueur : il doit rester dans son rôle.
Voilà déjà plusieurs années qu'on parle de la fin de la génération dorée, et de l'avenir du football belge. Rien ne force cependant l'avenir à se faire sans les héros de 2014 ou 2018 : au contraire. La fédération, qui a désormais désigné trois sélectionneurs étrangers consécutifs à la suite du très populaire (dans tous les sens du terme) Marc Wilmots, devra à l'avenir tenter d'intégrer les anciens au quotidien des Diables Rouges. Comme l'a fait Pape Thiaw avec Cheikhou Kouyaté côté sénégalais.
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