Un match enfin digne de son n°10 : Leandro Trossard a vaincu le syndrome Nilis
Photo: © photonews
Leandro Trossard a ébloui tout le monde vendredi face à la Nouvelle-Zélande. S'il avait déjà été très bon contre l'Iran, cette fois, il a sorti une véritable masterclass.
"Leandro est le meilleur joueur de la Belgique dans cette phase de poules" : les mots sont de Rudi Garcia. Nous ne pouvons pas être d'accord avec le constat du sélectionneur : Thibaut Courtois a évité le pire face à l'Egypte et l'Iran, Brandon Mechele a été impérial sur l'ensemble des trois matchs - tandis que Trossard, comme tous les éléments offensifs belges, était passé à côté du premier.
Mais ce qu'on ne peut pas nier, c'est que le match du joueur d'Arsenal face à l'Iran avait déjà été plutôt bon... et que son match face à la Nouvelle-Zélande a été fantastique. Nous lui avons attribué la note particulièrement rare de 9,5/10 - rare tout court chez les Diables, et une première dans son chef. Car Leandro Trossard a surtout été habitué à des cotes très basses chez nous, si souvent qu'en réalité, même ce 9,5 ne le remet peut-être même pas encore dans la moyenne.
Un match à la Eden Hazard ?
Pour être honnête, seul le calibre de l'adversaire nous a poussés à ne pas mettre un 10/10 à Trossard. "10, c'est Eden contre le Brésil en 2018" : voilà ce que nous avons dit à notre collègue. Pourtant, Hazard n'avait ni marqué ni délivré d'assist à l'époque, et c'est certainement ce qui fait que sa performance à Kazan était si unique. Qu'après Eden Hazard, peut-être le Diable Rouge le plus adoré de toute une génération, ce soit Leandro Trossard qui ait endossé le numéro 10, n'était pas un cadeau pour l'ancien de Genk. Sa personnalité, si différente de celle d'Eden, n'a pas aidé non plus.
Trossard n'atteindra peut-être jamais le niveau d'Eden en 2018, mais enfin, il s'est rendu digne de son n°10. Jusqu'ici, son match référence était peut-être ce but et cet assist en Italie (la Belgique était en supériorité numérique durant une mi-temps), une rencontre que... tout le monde ou presque a déjà oublié. Personne n'oubliera sa performance à Vancouver vendredi.
Désormais, quand quelqu'un parlera du "syndrôme Nilis" qui frappe certains Diables Rouges dont on attend beaucoup plus en sélection, le nom de Leandro Trossard ne viendra plus forcément en tête. Si quelqu'un évoque le Gunner dans cette conversation, il s'entendra toujours dire : "C'était vrai jusqu'à ce match contre la Nouvelle-Zélande". Ni Luc Nilis, ni d'autres joueurs comme Mousa Dembélé ou Loïs Openda (d'autres joueurs brillants en club mais souvent décevants avec les Diables Rouges) n'ont ce type de performance référence en match-couperet.
Ne restera désormais plus qu'une chose : garder ce même niveau de performance face à un adversaire de calibre plus élevé. Face au Sénégal, l'intelligence de jeu et la prise de décision de très haut niveau de Trossard peuvent faire la différence et désorganiser une défense qu'on sait fragile, tout en amenant beaucoup de calme en possession de balle. Si c'est le Leandro Trossard de vendredi qui se présente au Lumen Field en 16e de finale, pour faire oublier sa contre-performance dans ce même stade contre l'Égypte, toutes les vestes se retourneront progressivement...
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