"Comme le fils que je n'ai jamais eu" : des retrouvailles émouvantes pour Rudi Garcia grâce aux Diables
Photo: © photonews
Rudi Garcia était bien entouré lors de la cérémonie du tirage au sort des groupes de la Coupe du Monde. Outre la délégation belge, il a également longuement discuté avec le sélectionneur d'une autre nation qualifiée.
Les sélectionneurs français seront bien représentés à la Coupe du Monde 2026. Outre Didier Deschamps et Rudi Garcia, Hervé Renard (Arabie Saoudite), Sébastien Migné (Haïti) et Emerse Faé (Côte d'Ivoire) seront aussi de la partie. Notre coach fédéral n'a ainsi pas manqué de saluer ses compatriotes lors du tirage au sort.
Mais c'est avec un autre entraîneur que les retrouvailles ont été particulièrement émouvantes. Lorsque Garcia a retrouvé Walid Regragui dans le lounge d'Air France de l'Aéroport Charles de Gaulle, les souvenirs ont afflué. Les deux hommes se sont envolés ensemble vers Washington et ont eu quelques heures pour partager leurs attentes quant au tirage au sort, mais aussi évoquer le bon vieux temps.
Regragui, l'une des premières trouvailles de Garcia
"Si on nous avait dit, quand on était sur le petit stade Albert-Mercier, que 30 ans plus tard, on irait ensemble à un tirage au sort de Coupe du monde...", sourit Rudi Garcia à L'Equipe. Il est vrai qu'entre la quiétude de ce modeste stade d'Île-de-France et l'agitation presque mégalomane de Washington, le contraste est grand. Mais pour permettre au lecteur belge non initié au football francilien, petit retour en arrière s'impose pour comprendre la nostalgie de l'entraîneur des Diables Rouges.
Rendez-vous à Corbeil-Essonnes, à une trentaine de kilomètres de Paris. Rudi Garcia n'avait pas menti : le stade Albert-Mercier est effectivement du genre modeste. Une seule tribune, séparée du terrain par une piste d'athlétisme qui rappelle que le lieu n'est pas uniquement dédié au football. Le terrain est d'ailleurs régulièrement transformé pour accueillir des matchs de rugby. C'est dans ce décor multisport que Garcia a fait ses grands débuts comme entraîneur à la fin des années '90.

Après une carrière de joueur qui l'a amené à défendre les couleurs de Lille et Caen, notre futur sélectionneur prend en change l'équipe de Corbeil-Essonnes en juillet 1996, seulement riche d'une expérience à la tête des jeunes du club. A l'époque, le club est en cinquième division.
C'est là qu'il découvre Walid Regragui : "Un jour, je regardais un match de notre troisième équipe et j’ai remarqué un joueur qui évoluait sur le côté droit : c’était Walid. Je l’ai immédiatement fait monter en équipe première et nous avons remporté le championnat", se souvient Garcia dans une interview accordée à la Gazzetta Della Sport.
"Rudi l’a pris sous son aile et l’a bonifié grâce aux méthodes qu’il avait apprises dans le milieu professionnel”, explique Azdine Ouis, ami d’enfance de Walid Regragui et ancien joueur de l’effectif, interrogé par le média local MesInfos.fr.
Jamais très loin l'un de l'autre
Les deux hommes quittent le club en même temps, à l'été 1998, en pleine euphorie de la victoire des Bleus en Coupe du Monde. Rudi Garcia rejoint Saint-Etienne, son joueur monte dans la capitale. A part de brèves retrouvailles de six mois à Dijon, il ne travailleront plus ensemble. Parallèlement à la belle carrière de son ancien entraîneur, Regragui succombe lui aussi au virus du coaching dès qu'il raccroche les crampons en 2012.
Il n'hésite jamais à demander quelques tuyaux, confirme Rudi Garcia : "Nous sommes amis et nous nous parlons souvent. Lorsque que j’entraînais la Roma, il m’a rejoint à Tregoria pour assister à quelques entraînements".
Grâce à ces précieuses expériences, Walid Regragui a lui aussi tracé sa route au Maroc, jusqu'à devenir le sélectionneur des Lions de l'Atlas...et battre la Belgique lors de la Coupe du Monde 2022. Les Marocains y atteindront les demi-finales, de quoi valoir à leur sélectionneur de s'ériger en héros au pays.

Avant de reprendre les Diables Rouges, c'est Rudi Garcia qui demande conseil à son ancien joueur (ainsi qu'à Didier Deschamps). Il n'a jamais endossé le costume de sélectionneur et ne manque pas de sonder son compère quant aux spécificités de la fonction au quotidien.
La relation entre les deux entraîneurs demeure très forte : "C'est un peu le fils que je n’ai jamais eu", a même laché Rudi Garcia dans Le Parisien. Le tirage au sort de la Coupe du Monde aurait pu nous valoir un nouveau Belgique - Maroc riche en symboles dès la phase de groupe, ce ne sera finalement pas le cas. Pour passer du stade Albert-Mercier au MetLife Stadium de New York, théâtre de la finale du grand rendez-vous de l'été, il en faudra beaucoup. Mais après tout le chemin parcouru, ce ne sont pas quelques milliers de miles supplémentaires qui effrayeront les deux hommes.
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