Edito Genk, le romantisme champion de Belgique

Florent Malice
Florent Malice
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Genk, le romantisme champion de Belgique
Photo: © photonews

C'est fait : Genk est champion de Belgique. Un titre qui fera plaisir à beaucoup d'amateurs de beau football.

Les romantiques ont la vie dure ces dernières années dans le monde du football. Partout en Europe, les belles histoires ont fini par se soumettre à la dure loi du réalisme : le Napoli de Maurizio Sarri n'a jamais été champion d'Italie ; Liverpool est passé à côté du titre à la fois sous Brendan Rodgers en 2014 et sous Jurgen Klopp cette saison ; le Borussia Dortmund s'est écroulé à plusieurs reprises depuis son dernier titre en 2012 et pourrait terminer pour la quatrième fois deuxième. 

On pourrait ajouter à ces équipes le Leeds United de Marcelo Bielsa qui a manqué la promotion en Premier League, voire l'Ajax Amsterdam que tous auraient aimé voir remporter la Ligue des Champions, l'idée est la même : les "belles histoires", les équipes proposant le football le plus rafraîchissant et spectaculaire, manquent souvent d'un petit quelque chose pour transformer l'essai. Pas Genk. 

Jusqu'au bout

Avant même l'arrivée aux manettes de Philippe Clément, le Racing Genk était vu comme l'une des équipes les plus joueuses de Pro League : l'ADN qui a amené les Limbourgeois à leur titre de champion en 2011 est toujours là. Mais Clément a amené la continuité, la culture de la gagne - et en quelque sorte un esprit "brugeois" à Genk, lui qui a gagné cinq trophées en tant que joueur avec les Blauw en Zwart et les coiffe sur le poteau pour son premier titre en tant que coach. 

Pourtant, tout semblait réuni pour qu'une fois encore, la belle histoire termine par une déception : après tout, quel format de championnat désavantage plus les romantiques que nos Play-offs à la belge et leur division des points ? A coup sûr, face au noyau plus étendu du FC Bruges, Genk allait craquer - d'autant plus après le départ de son maître à jouer Alejandro Pozuelo (10 assists en championnat). 

C'était sans compter sur un autre des grands atouts du Racing Genk : sa cellule de scouting, probablement l'une des plus performantes de Pro League. Junya Ito a rejoint le club cet hiver et amené le jus offensif nécessaire pour que Genk ne perde pas en impact. Résultat : en début de playoffs, Sébastien Dewaest n'hésitait pas à dire que le club était "plus fort" qu'avant le mercato, car plus équilibré. 

Le champion du romantisme 

Et voilà le résultat : Genk est champion de Belgique, ponctuant un parcours qui aura fait d'eux les chouchous du public, des analystes,  voire de certains de leurs adversaires. Sans que rien ne soit retiré à l'impressionnante saison du FC Bruges, l'étoile d'Ivan Leko a pâli suite au Footgate et le public brugeois, parfois négatif et agressif, a mauvaise presse. 

Et alors que la défaite au Jan Breydel a laissé planer au-dessus du Racing l'ombre d'un retournement de situation, le romantisme l'a finalement emporté en Pro League. La Belgique venge en quelque sorte tous les Liverpool, tous les Dortmund et les Napoli d'Europe. Et prouve qu'un club peut s'en tenir à des principes de jeu, à une politique de transferts modeste et discrète et à une formation de qualité pour aller décrocher la timbale... 

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