Analyse L'abandon de salaire : la meilleure solution pour les clubs, mais certainement la plus compliquée

Redaction
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L'abandon de salaire : la meilleure solution pour les clubs, mais certainement la plus compliquée

Ce samedi, Virton était le premier club professionnel belge à mettre ses joueurs au chômage technique temporaire. Une solution que les joueurs gaumais dénoncent. Anderlecht, quant à lui, vient de trouver un accord essentiel, au grand soulagement de la direction mauve.

Un chômage technique osé, mais aussi critiqué

Si les clubs professionnels sont frileux pour mettre leurs joueurs au chômage technique, c’est parce que théoriquement ceux-ci ne leur appartiendraient temporairement plus. Les joueurs n’auraient plus à répondre, par exemple, aux exigences de leur préparateur physique. Pire encore, les directions redoutent une certaine pagaille que provoqueraient, dans les groupes, une telle décision.

L’Excelsior Virton a tout de même tenté la manœuvre. Jusqu’à nouvel ordre, les Gaumais ne sont plus payés par le club mais reçoivent environ 2.350€ brut par mois de l’Etat. Une réelle baisse en comparaison de leur salaire habituel.

Les joueurs se sont donc plaints de la situation. Leur argument : "Le club n’aurait de toute façon pas eu de rentrées supplémentaires en mars, étant donné que nous n’avions plus de match avant la reprise des play-offs" confie Vanzo à la Dernière Heure ce mardi. Une vision des choses qui ne résiste pas à l’analyse ; les play-offs risquent de ne jamais reprendre ; et la situation financière du club gaumais est telle que les plus gros salaires devront de facto consentir à faire des efforts.

Payer normalement les joueurs, combien de temps ?

La plupart des clubs pros continue de verser le prix plein à leurs joueurs. Le Standard de Liège a, par exemple, choisi l’option du chômage technique exclusivement pour son staff et une partie des employés. Les joueurs sont donc épargnés. Mais combien de temps un club comme le Standard parviendra-t-il, sans se mettre trop dans le rouge, à tenir de la sorte ?

Le cabinet de comptables KPMG estimait la perte de l’ensemble des clubs européens à près de 4 milliards d’euros en cas d’arrêt définitif des championnats (1,2 milliards € rien que pour la Premier League). A l’heure où les clubs sont gérées comme des entreprises, où la rentabilité financière est souvent l’objectif premier, la crise sanitaire mondiale pourrait frapper un gros coup au football business.

Anderlecht : un accord pour laisser tomber un mois de salaire

Ce mardi matin, on apprenait que les joueurs d’Anderlecht ont finalement trouvé un accord avec leur direction ; ils acceptent – pour le moment tacitement – de ne pas percevoir leur salaire du mois d’avril, ni leur assurance groupe. Une bonne nouvelle pour la direction mauve qui parlait déjà de risque de faillite, sans ce geste.

Mais, la même question se pose : combien de mois, si suspension prolongée il doit y avoir, les joueurs accepteront de ne percevoir ni salaire, ni indemnités, tout en continuant à devoir travailler à domicile pour leur club ? Eux qui sont habitués à de si gros salaires…

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