Interview Entretien avec Oliver Sarkic, formé à Anderlecht : "Je ne changerais rien à mon parcours"

Florent Malice
Florent Malice
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Entretien avec Oliver Sarkic, formé à Anderlecht : "Je ne changerais rien à mon parcours"

Oliver Sarkic, 22 ans, a un parcours à part : fils d'un ambassadeur monténégrin, né en Angleterre, il débarque en Belgique à l'âge de 8 ans et passe par les équipes d'âge d'Anderlecht avant un parcours qui l'emmène à Benfica, Leeds et l'Espagne ... jusqu'à cette saison, à Burton Albion.

Oliver Sarkic n'a que 22 ans, mais a déjà connu quatre pays : l'Angleterre, où il est né et évolue aujourd'hui sous les couleurs de Burton Albion ; la Belgique, qu'il rejoint à 8 ans ; le Portugal, où il signe à Benfica depuis les équipes d'âge d'Anderlecht, et l'Espagne où il part en prêt en 2018. Sans même compter le Monténégro, où vit sa famille et dont il défend les couleurs en sélection ... Entretien avec un jeune joueur enfin lancé et au parcours atypique. 

Bonjour Olivier. Comment vis-tu cette période particulière, sans football ? 

Nous sommes l'une des dernières divisions à être dans le flou en Angleterre. Il y a une réunion lundi ... Depuis la mi-mars, chacun doit s'entraîner individuellement, nous n'avons pas encore retrouvé les terrains. Je garde la forme. C'est difficile, mais en un sens, c'est positif pour moi, car je n'ai pas eu de présaison ; j'en profite pour travailler, pour rattraper ce retard initial et enfin être à 100% physiquement. Après, c'est parfois démotivant de ne rien savoir : chaque semaine, la décision est repoussée et il faut chaque fois se remettre en selle dans l'attente de clarté ... 

Pas de présaison et pourtant, c'est la saison de l'explosion pour toi (37 matchs, 5 buts, 10 assists). Qu'est-ce qui a changé ? La confiance ? 

Il y a beaucoup d'éléments extérieurs au football qui jouent dans une carrière. Cette explosion, j'aurais aimé qu'elle ait lieu à Leeds ... Ce qu'il m'a manqué, c'est un peu de chance. Et la confiance d'un entraîneur, oui : j'ai rencontré un coach incroyable (Nigel Clough, nda) qui m'a beaucoup aidé, m'a remis en selle même après des prestations un peu moins bonnes, en me disant ce qu'il fallait faire pour m'améliorer. J'aurais aimé terminer la saison pour améliorer mes statistiques, mais je suis fier, surtout de mes prestations en Coupe contre Bournemouth et Leicester City : j'ai pu me tester face à des équipes de Premier League. Le tout en devant gérer mon corps car sans vraie préparation vu mon arrivée tardive dans l'équipe, je devais enchaîner matchs et récupération, sans être vraiment à 100%.

Tu as été un peu trimballé de poste en poste : où te sens-tu le mieux ? 

À Anderlecht, on me voyait comme un attaquant de pointe ... Moi, je me vois comme un "9,5" : un attaquant de décrochage, qui peut participer au jeu. Mais cette saison, le coach a estimé que je pouvais être performant sur l'aile et ça a été le cas. 

Revenons sur ton drôle de parcours. Tu es né en Angleterre en 1997, et tu arrives en Belgique en suivant ton père, diplomate ... 

C'est ça. Mon père était ambassadeur et nous sommes arrivés en Belgique en 2004. J'y ai appris le français (l'interview s'est faite dans un français parfait, nda), le néerlandais à l'école et à Anderlecht. Ma langue maternelle est le monténégrin (très proche du serbe), et j'ai grandi en Angleterre.

Tu n'as que 22 ans et tu ne t'es jamais vraiment posé quelque part. 

Je ne changerais rien à mon parcours, vraiment ! J'ai joué dans quatre pays et découvert quatre types de football, tout en apprenant plusieurs langues. Je suis arrivé au Portugal sans parler la langue, pareil en Espagne, mais c'était un défi intéressant. 

Le Portugal, justement. Tu y signes en 2014 ; est-ce un choix sportif ou un déménagement lié au travail de ton père ? 

Oh, c'était 100% sportif. Mon père vivait au Monténégro à l'époque, il n'était plus ambassadeur. Benfica m'avait suivi durant la saison 2013-2014, notamment lors de la Future Cup à Amsterdam. J'avais 17 ans, je m'apprêtais à intégrer les U21 du RSCA, et Benfica m'a fait une offre ; on s'est rendus au Portugal une semaine et après mûre réflexion, j'ai décidé d'y signer. 

Un bref regard sur l'équipe du Benfica B, que tu intègres à l'époque, montre le niveau : Ederson, Renato Sanches, Victor Lindelöf, tu les croises tous ... 

Oui, j'ai eu le plaisir de jouer avec ces joueurs. Nelson Semedo (actuellement au FC Barcelone, nda) aussi. Mais alors qu'à Anderlecht, un joueur comme Youri Tielemans était clairement au-dessus du lot, là-bas, c'était la norme : il n'y a pas vraiment un joueur que je mettrais en avant ou dont je me sois dit "Waw, lui, c'est la classe". Non, à Benfica, c'était presque banal et c'est ce qui en fait selon moi le top absolu chez les jeunes. 

Tu ne perceras pas, malgré un poste de titulaire à Benfica B (D2 portugaise). Qu'est-ce qui te manquait ? 

Je me suis blessé et, dans la foulée, le club a attiré deux attaquants sur lesquels on comptait beaucoup. La porte se fermait doucement. Benfica a convenu de me prêter en D2 portugaise, à Fafe, pour que je joue tout en restant au même échelon, mais j'ai préféré partir et Leeds United s'est présenté comme une belle option. 

Oliver Sarkic n'aura fait que croiser Marcelo Bielsa à Leeds United 

Mais Leeds non plus ne sera pas fructueux. 

Tout commençait très bien, j'ai fait une bonne saison en U23, un nouveau coach arrive ... Et là encore, je subis une grosse blessure. Marcelo Bielsa est arrivé et à ce moment ; au début, il était question que j'intègre le noyau A, mais je n'étais physiquement pas encore prêt. J'ai fait deux entraînements avec Bielsa, mais il ne m'a pas vraiment connu, je pense. J'ai juste pu constater que ses méthodes étaient très différentes de ce que j'ai pu connaître, très strictes. C'est un grand entraîneur, j'aurais vraiment aimé travailler avec lui ...

Avec Leeds, on a décidé qu'un prêt était la meilleur solution et je suis parti en Espagne (à Barakaldo, D3), mais j'y étais le seul joueur étranger. Quand je jouais, c'est vraiment parce qu'ils ne pouvaient pas faire autrement, parce que j'avais marqué ou donné un assist en montant au jeu et que sportivement, c'était impossible de ne pas me mettre. Dès que je faisais un match moins bon, c'était le banc ou la tribune. Mais c'était une bonne leçon de persévérance. 

On sent quand même que tu avais besoin de te poser à Burton. 

Oui, voilà, j'avais envie de sortir de tous ces soucis plutôt extrasportifs et gagner ma place quelque part en ne pensant qu'au foot. Je suis arrivé à Burton Albion l'été passé en manque de rythme, le coach m'a intégré progressivement - 15, 20, 45 minutes ... - et j'ai disputé 37 rencontres, en fin de compte. C'était ce dont j'avais besoin. Maintenant, j'ai toujours de l'ambition : de Leeds à Burton, c'était un pas en arrière, oui, mais l'objectif était de faire deux pas en avant par après. 

Son passage à Anderlecht, l'équipe du Monténégro, le talent de Youri Tielemans, un retour en Belgique ... Oliver Sarkic nous racontera tout cela dans la suite de notre entretien, à paraître sur Walfoot ce week-end ! 

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