Interview Notre analyste décortique Beerschot-Patro : "Nainggolan, on s'y attendait... pas le changement de Stijnen"
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Le choc au sommet dans la course à la montée entre le Beerschot et le Patro Eisden Maasmechelen avait tout ce qui rend le football si imprévisible. Selon l'analyste James Odvart, commentateur de la Challenger Pro League sur DAZN, c'était surtout un match qui pouvait basculer à tout moment.
“Avant tout : c’était tout simplement terriblement stressant”, lance-t-il. “On sentait en permanence que ça pouvait basculer dans un sens comme dans l’autre, et c’est ce qui rend ce genre de matches de montée si particuliers.”
Odvart a vu un Patro particulièrement convaincant, qui a longtemps mis le Beerschot dans les cordes. “Le Patro a vraiment rendu la vie difficile au Beerschot, jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus. Ils ont utilisé leurs forces de manière optimale : solides physiquement, bien organisés, et ils savaient parfaitement où faire mal au Beerschot. Et, en réalité, ils ont tenu ça presque tout le match.”
Le Beerschot ressent la pression des investisseurs japonais
Pourtant, à un moment, le scénario semblait écrit. “Sans cette interruption, ça sentait vraiment très mauvais pour le Beerschot”, tranche Odvart. “À cet instant-là, ça tournait clairement à l’avantage de Patro. On sentait que ça pouvait s’effondrer pour le Beerschot. Ç'aurait pu être un vrai drame pour eux.”
Cette interruption est survenue après des incidents autour de Radja Nainggolan, qui, après son but, est allé chercher la confrontation avec le public local. “Vu son passé au club, on pouvait difficilement imaginer que ça allait se passer normalement”, explique Odvart. “Et puis aller célébrer devant ce bloc, provoquer un peu le public… il n’en faut pas plus. À ce moment-là, tu sais que ça peut exploser, et c’est ce qui s’est passé.”
L’interruption a fait du bien au Beerschot
Selon l’analyste, ce temps mort a été décisif. “Cette interruption a vraiment fait du bien au Beerschot. Ils ont pu se regrouper, se parler, se recentrer. Pour le Patro, c’était l’inverse : ils étaient dans un flow et on les en a sortis. Ça leur a fait mal, et après ça, c’est pratiquement seulement le Beerschot qui a pris le dessus.”
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Odvart pointe aussi une erreur déterminante du côté des visiteurs. “Cette phase dans la toute dernière seconde du temps réglementaire, qui amène le 2-2… ça ne peut tout simplement pas arriver à ce niveau. C’est une énorme bourde. Tu jettes à la poubelle tout ce pour quoi tu as travaillé si dur. C’est terriblement cruel.”
Que le Beerschot finisse par frapper dans le temps additionnel, puis en prolongations ne l’a pas vraiment surpris. “Là, tu vois la différence en termes de pression et de mentalité. Pour le Beerschot, c’est un peu un ‘devoir’. Cette montée, ils doivent l’obtenir. Avec ces investisseurs japonais, le message est clair : retourner en D1A le plus vite possible. Ça pèse, mais ça peut aussi te pousser vers l’avant dans ces moments-là.”
En même temps, il nuance le récit autour de l’équipe locale. “Je ne suis pas surpris qu’ils aient souffert. Cette saison, ils ont déjà connu des difficultés. Il suffit de penser à cette période de 0 point sur 12 en décembre. Ça montre que cette équipe est fragile et qu’elle ne maîtrise pas tout, loin de là.”
Incompréhensible que Stijn Stijnen ait dû faire entrer son assistant
Du côté du Patro, Odvart s’interroge en revanche sur les choix du coach Stijn Stijnen. “Ce changement après l’interruption, avec l’assistant Yassin Gueroui à la place de Nainggolan… je ne comprends vraiment pas. Il était déjà sur le banc depuis quelques matches. Tu ne fais pas entrer un joueur technique, mais quelqu’un qui est surtout un combattant, qui avait même arrêté. Alors je me pose des questions : est-ce qu’il est encore au niveau, est-ce qu’il s’est assez entraîné pour être capable d’encaisser ça ?”
Pour Odvart, cette décision en dit long sur les limites de l’équipe. “Ça montre tout simplement que le noyau a des restrictions. Et j’en suis convaincu : avec l’effectif de l’année passée, le Patro aurait pu faire davantage ici contre ce Beerschot. Maintenant, ils laissent filer ça sur des détails, et c’est ce qu’il y a de plus dur.”
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