Edito: Le Parc Astrid, Sclessin, le Mambourg, le Parc Duden : les sponsors n'effaceront pas ces noms

Florent Malice
Florent Malice
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Le Parc Astrid, Sclessin, le Mambourg, le Parc Duden : les sponsors n'effaceront pas ces noms
Photo: © photonews

Le débat fait rage chez les supporters : est-ce un manque de respect envers l'histoire d'un club que de mettre en place un "naming", remplaçant un nom évocateur par celui d'un sponsor pour des raisons purement financières ?

Le Stade Constant Vanden Stock n'est plus : place au Lotto Park. Scandale, cris d'orfraie, manque de respect de la part de Marc Coucke qui voudrait effacer la présence de la famille Vanden Stock à Anderlecht : le débat fait rage. Bien sûr, le timing est probablement un peu maladroit : Coucke n'est pas là depuis bien longtemps à Anderlecht, n'a encore amené aucun titre au club contrairement à Constant Vanden Stock.

D'Emile Versé à Lotto 

Le fait que le stade d'Anderlecht ait été appelé Stade Emile Versé avant l'ère Vanden Stock est un argument, mais reste léger au vu des situations radicalement différentes (hommage d'un côté, sponsoring pur de l'autre). Reste qu'Émile Versé n'était pas le premier président du club comme on peut le lire (c'était Charles Roos), mais bien ... son premier investisseur et mécène, dont les fonds ont permis de construire le stade en 1917. Le "naming" avant l'heure : 100 ans plus tard, les mécènes particuliers de ce genre n'existent plus, remplacés par ... les sponsors comme Lotto. 

Ghelamco a remplacé Jules Otten, dont le stade a été détruit 

Le fait est que le naming restera toujours une pratique qui heurtera les puristes : oui, quand on parle sponsoring, on parle d'argent, crûment, impudiquement. Les plus grands y sont pourtant passés. Parfois via la construction d'un nouveau stade (Allianz Arena de Munich, Wanda Metropolitano de Madrid, Stade Groupama à Lyon...), parfois via le même procédé qu'à Anderlecht (Signal Iduna Park à Dortmund), qui évite au moins aux supporters le traumatisme d'un déménagement. On imagine certes mal Old Trafford, Stamford Bridge, Santiago Bernabeu ou le Camp Nou changer de nom, mais ces clubs font partie des plus riches au monde et nécessité n'y a pas encore fait loi. 

Les noms passent, les surnoms restent 

Pourtant, le débat, s'il a lieu d'être et est compréhensible, pourrait également être vu comme secondaire, et pour cause : Lotto Park ou Stade Constant Vanden Stock, au final, qu'importe - les supporters iront toujours au Parc Astrid. Au Park, dirait-on avec légèreté et en remplaçant le C par un K sans qu'on le remarque à l'oral. 

Les supporters du Standard de Liège se rendent-ils au Stade Maurice Dufrasne ? Savent-ils encore que l'homme dont leur stade tire son nom était le cinquième président du club, de 1909 à 1931 ? Certains, bien sûr. La majorité ? Probablement pas. Et tous vont "à Sclessin". Si, dans quelques années et par besoin urgent de liquidités, Bruno Venanzi annonçait le "Stade Emirates", les Rouches continueraient d'évoluer à Sclessin. 

Le cas du "Stade du Pays Noir" est comparable : les Carolos sont évidemment attachés à ce nom faisant référence à leur région, à leur identité, mais on oublie parfois que "Mambourg" n'est pas le nom officiel de l'enceinte des Zèbres. Et si demain, Mehdi Bayat annonçait un naming, il n'empêcherait pas ses supporters de venir "au Mambourg". Tout comme le Stade Joseph Marien de l'Union Saint-Gilloise, nommé en hommage à un ancien président, est bien souvent appelé Parc Duden, appellation qui survivrait à tout naming. Tant que vivront ces surnoms populaires, les sponsors n'auront jamais gagné la bataille ... 

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