Interview De Charleroi au plus grand club d'Afrique : le nouveau défi de Michel Iannacone

Florent Malice
Florent Malice
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De Charleroi au plus grand club d'Afrique : le nouveau défi de Michel Iannacone

Surprise ce week-end : Michel Iannacone, l'ancien entraîneur des gardiens du Sporting Charleroi, quittait son nouveau club de Tubize pour rejoindre ... René Weiler à Al Ahly, en Égypte. Il nous a raconté comment ce nouveau défi s'est présenté à lui.

C'est un Michel Iannacone encore un peu incrédule que nous contactons au Caire, où il a donné ses premiers entraînements cette semaine à Al Ahly, le "club du XXe siècle" en Afrique (huit Ligues des Champions africaines, 95 trophées nationaux). Iannacone, qui avait dû quitter le Sporting Charleroi suite au départ de Felice Mazzu, avait rejoint l'AFC Tubize.

Un coup de fil surprise 

"C'est une histoire folle. Lors des matchs entre Charleroi et Anderlecht, parlant allemand, j'ai sympathisé avec René Weiler et son adjoint David Sesa, avec qui je suis resté en contact", nous explique-t-il. "Il m'avait dit que si René trouvait un club, il me contacterait, n'ayant plus d'entraîneur des gardiens (Max de Jong est resté à Anderlecht, nda). Je n'y pensais plus et samedi matin, David m'appelle, me dit : "Il a signé". Où ? Al Ahly. J'ai fait mes recherches", continue Iannacone. Dès lors, tout est allé très vite. 

En sortant de l'entraînement, on prend des photos avec moi. L'entraîneur des gardiens !

"J'ai vu à quel point Al Ahly est un grand club, le plus titré d'Afrique. C'est une opportunité incroyable pour moi. J'ai dû envoyer mes photos pour le passeport dans la journée et je recevais mon billet d'avion dans la foulée pour le dimanche après-midi", raconte l'ancien Zèbre. "J'ai même dû envoyer ma femme acheter une valise plus grande, je n'en avais pas et je ne sais pas quand je reviendrai en Belgique : tout s'enchaîne très vite, le calendrier est très chargé. Pour l'instant, je loge à l'hôtel, mais je cherche un appartement". 

L'AFC Tubize a appris après le match de samedi que son entraîneur des gardiens s'en allait. "Il y avait une clause dans mon contrat, ils ont été très corrects : je pouvais partir en cas d'offre d'un club plus huppé. J'aime le football, j'avais besoin de rester actif, mais je ne me fermais aucune porte. C'est juste qu'en foot, il vaut mieux rester actif : on est vite oublié", reconnaît Iannacone. Plus huppé, c'est le moins qu'on puisse dire pour le champion d'Égypte en titre. 

"C'est un autre monde. J'ai deux personnes à mon service pour m'apporter des bouteilles d'eau et des ballons aux entraînements. Le stade, c'est 70.000 personnes. Et après les entraînements, on me demande de poser pour les photos. L'entraîneur des gardiens ! Je n'ai jamais vécu ça". 

Des débuts ... exotiques 

Cette semaine, Michel Iannacone s'acclimate à la vie au Caire et aux premiers entraînements. Mais bientôt, Al Ahly lancera sa saison et ce sera ... exotique. "Mon premier match ? Vendredi ... en Guinée Équatoriale, pour la Ligue des Champions africaine. C'est onze heures de vol avec escale en Éthiopie", rigole notre interlocuteur. "C'est aussi une opportunité humaine, découvrir un autre football, d'autres personnes. Quant au niveau ici, il est bon : j'ai le gardien de l'équipe nationale égyptienne et son n°2. Les ambitions sont élevées : on a un contrat d'un an renouvelable si on remporte le titre. Et l'objectif est aussi de remporter la Ligue des Champions".

Au vu de cette belle histoire, on se dit que le karma existe bel et bien : écarté d'une manière que certains jugeaient excessive (et qui a fort déplu aux supporters carolos) du Sporting Charleroi, Michel Iannacone n'aura pas attendu avant de retrouver peut-être le plus grand défi de sa carrière. Mais aucun esprit de revanche : "Je dois juste remercier Charleroi ! Dix ans là-bas, c'est ce qui a construit ma carrière. On connaît Charleroi ici, notamment avec la venue de Benavente (au Pyramids FC, nda). On connaît le football belge ici, c'est le numéro un au monde. Je suis reconnaissant à Charleroi pour ces années passées là", affirme l'ancien adjoint de Felice Mazzù. 

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