Les boycotts de supporters se multiplient en JPL cette saison : mais cela changera-t-il quelque chose ?
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Le boycott des supporters de l'Antwerp à La Louvière n'est pas un cas isolé. Cette saison, les supporters du Club de Bruges et d'Anderlecht ont aussi boycotté certains déplacements par exemple. Mais ces actions sont-elles vraiment efficaces ?
Toujours la même histoire : le parcage visiteurs est trop petit, la capacité autorisée trop limitée, la frustration trop grande. Mais penser qu’il suffirait simplement de "libérer plus de tickets" revient à sous-estimer à quel point la situation est devenue complexe.
Les clubs doivent se plier aux décisions de la police locale
En Belgique, la décision finale ne revient souvent ni aux clubs, ni à la Pro League, mais aux forces de l’ordre. C’est la police locale qui détermine, match par match, combien de supporters visiteurs peuvent être accueillis en toute sécurité. Cette évaluation est contraignante : les clubs doivent s’y conformer, même s’ils souhaiteraient accueillir davantage de supporters. À Westerlo, par exemple, les moyens policiers ne sont évidemment pas les mêmes qu’à Bruxelles.
Cela entre parfois en conflit avec la réalité des grands clubs, qui déplacent régulièrement un grand nombre de supporters. Lorsqu’une équipe de ce calibre se rend dans un stade disposant d’un parcage visiteurs limité, comme à RAAL La Louvière, les tensions apparaissent presque automatiquement. La demande dépasse largement l’offre. Lors de la construction de son nouveau stade, La Louvière n’a pas (ou pas voulu) tenir compte de cette réalité.
Les supporters soulignent souvent que tous les matchs ne sont pas des rencontres à risque. Pourquoi alors imposer de telles restrictions ? Parce que l’analyse sécuritaire va bien au-delà de la simple rivalité historique entre clubs. Les zones de police prennent en compte le nombre d’agents disponibles, les autres événements organisés en ville et le niveau général de menace. Le football n’est qu’une pièce du puzzle dans un dispositif de sécurité plus large.
Des adaptations structurelles difficiles
Il faut aussi rappeler que de nombreux stades belges ont été construits à une autre époque. Les parcages visiteurs étaient souvent conçus plus petits, car on pensait que les déplacements de supporters resteraient limités. Aujourd’hui, la réalité est différente. Mais agrandir ces espaces nécessite des investissements importants, des autorisations administratives et parfois même une refonte complète de certaines tribunes. Ce type de travaux ne se fait évidemment pas entre deux journées de championnat.
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Il existe également un enjeu économique. Chaque place supplémentaire accordée aux supporters visiteurs signifie potentiellement moins de billets pour les supporters locaux. Pour les clubs plus modestes, c’est un équilibre difficile à trouver : ils veulent remplir leur stade avec leur propre public sans perdre de recettes pour répondre à l’affluence exceptionnelle de certaines affiches.
Un problème qui dépasse La Louvière
La Pro League tente aujourd’hui de jouer un rôle de médiateur et explore des solutions technologiques pour affiner les contrôles de sécurité. Mais même avec de meilleurs systèmes d’identification, la décision finale restera entre les mains des forces de l’ordre. Tant que celles-ci auront le dernier mot, comme le prévoit la loi, chaque match continuera d’être évalué individuellement.
Il s’agit donc d’un problème structurel du football belge, et non d’un dossier qui viserait uniquement La Louvière ou un club en particulier. Sécurité, infrastructures, cadre légal et émotions des supporters s’entremêlent. Et c’est précisément pour cette raison qu’il n’existe pas de solution simple ni rapide.
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