Analyse Sportivement catastrophique, émotionnellement difficile : le départ de Jérémy Doku laissera des traces

Florent Malice
Florent Malice
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Sportivement catastrophique, émotionnellement difficile : le départ de Jérémy Doku laissera des traces
Photo: © photonews

Quel drôle de week-end pour Anderlecht, qui voulait absolument prouver quelque chose lors de son premier gros test de la saison et termine en ayant tout perdu.

On le sentait venir au cours de l'été : le RSC Anderlecht ne pourrait pas dire non si une grosse offre - concrète - arrivait sur la table pour un cadre. Pendant longtemps, on a cru que ce serait Hendrik Van Crombrugge, frustré après que son contrat n'ait pas été revalorisé (Rennes était d'ailleurs déjà évoqué) ; Yari Verschaeren, s'il avait retrouvé son meilleur niveau, aurait également pu intéresser de grands clubs et Albert Sambi Lokonga avait été cité à Séville, entre autres.

Vincent Kompany nous avait prévenus après la rencontre à Ostende : "Aucun coach d'Anderlecht ne peut dire qu'un joueur est intransférable". Il évoquait le cas Trebel. C'est finalement Jérémy Doku qui aura illustré cette réalité : plus de 25 millions d'euros pour un joueur auquel il n'aurait resté qu'un an de contrat en juin 2021, c'est impossible à refuser pour cet Anderlecht-là. 

"Les erreurs du passé" 

Vincent Kompany a insisté sur ce fait : le RSCA doit passer par là "pour payer les erreurs du passé". Mais de quel passé parle-t-on ? De l'époque Vanden Stock ? Ou des erreurs monumentales du duo Coucke-Devroe à son arrivée ? Peut-être Kompany évoque-t-il les erreurs de la saison passée, quand 8 millions étaient placés sur Michel Vlap, quand un salaire monstrueux était offert à Samir Nasri ou quand le plus gros salaire du club (Trebel) était jeté aux oubliettes ? 

Vlap Michel
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Les départs précipités de Sebastiaan Bornauw, puis Alexis Saelemaekers avaient déjà donné une indication sur le "process" anderlechtois : en cas d'offre suffisante, Neerpede servira aussi à renflouer les caisses. Mais aucun de ces départs n'a fait aussi mal que celui de Jérémy Doku. Ni sur le plan sportif, ni sur le plan émotionnel. 

Sportivement ? Irremplaçable 

Certes, Doku a été critiqué, ici-même également, pour son manque d'efficacité à ses débuts. Mais depuis le début de la saison, le gamin a prouvé qu'il était surdoué et capable de progresser très rapidement, même si tout n'était pas encore parfait. Seul joueur à amener de la vitesse sur les flancs, il n'a pas son égal dans l'équipe A.

 

Zakaria Bakkali a grillé sa dernière carte avec son match atroce au Jan Breydel (le seul joueur à être sorti à la pause pour raisons sportives par Kompany était jusque là Antoine Colassin à Ostende). Mustapha Bundu était inexplicablement absent à Bruges et n'a pas encore montré les qualités attendues. Francis Amuzu, Anouar Ait El Hadj ? Insuffisants pour espérer viser le top. Il faudrait donc trouver, en quelques heures, le remplaçant parfait ? Même Peter Verbeke, dont le travail est applaudi, n'est pas capable d'un tel miracle, sans oublier que les 27 millions de Doku ne serviront pas à ça. 

Une fracture qui mettra du temps à se résorber 

Rationnellement, il est possible de comprendre, voire d'accepter ce départ de Jérémy Doku - même si le fait qu'il ait lieu le dernier jour du mercato est terrible pour le RSCA. Émotionnellement, il est inacceptable pour le supporter. Après Alexis Saelemaekers, un autre enfant du club s'en va avant même d'avoir pu vraiment laisser son empreinte. 

Saelemaekers Alexis
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Romelu Lukaku, Youri Tielemans, Leander Dendoncker, Dennis Praet : tous sont partis jeunes, mais après des titres et des trophées individuels remportés. Tous ont à la fois renfloué les caisses et les coeurs. L'image qu'on retiendra de ces transferts récents de Doku et Saelemaekers ? Celles de gosses un peu perdus aux aéroports de Milan et de Rennes, jetés dans un jet privé en ayant à peine le temps de faire leurs valises et certainement pas le temps de faire leurs adieux. Tout cela sera rattrapé par un coup d'envoi donné dans quelques mois, une vidéo pleine d'émotion et bien ficelée comme le community-manager d'Anderlecht sait si bien en concocter. 

Mais les raisons financières ne suffiront pas longtemps à empêcher la bronca de monter au Lotto Park. Qui va devoir se chercher un nouveau chouchou, espérer que son club accroche envers et contre tout les places européennes ... et croiser les doigts pour que les prochains enfants de la maison puissent rester plus longtemps. Trust the process ... 

 

 

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