Analyse Jérémy Taravel a mis la pression sur Alfred Schreuder (et sur Anderlecht)
Photo: © photonews
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Sauf grosse surprise, Jérémy Taravel ne sera pas maintenu dans ses fonctions d'entraîneur d'Anderlecht. Une fois les émotions de la qualification mises de côté, on peut le comprendre, mais le Sporting prend un risque.
Les supporters d'Anderlecht en ont assez. L'instabilité au sein de leur club de coeur est devenue un véritable running gag au sein du football belge, et les directions sportives successives ont multiplié ces dernières années les mauvais choix. Des mauvais choix parfois évidents sur le coup, parfois constatés à posteriori.
On peut bien sûr remonter jusqu'au rachat d'Anderlecht par Marc Coucke : les premières campagnes de transferts du duo Coucke-Devroe ont été calamiteuses, et on les oublie un peu trop souvent au moment de faire le bilan sportif comme financier du club en 2026. Mais ne serait-ce que ces dernières années sous Wouter Vandenhaute, les erreurs se sont multipliées.
Garder Taravel ou pas : Anderlecht prend un risque dans tous les cas
Nombre de ces erreurs ont concerné le poste d'entraîneur : licencier Vincent Kompany, le remplacer par Felice Mazzù, se séparer de Brian Riemer soit trop tôt soit trop tard (c'est selon), conserver David Hubert à la surprise générale, puis... s'en séparer juste avant la finale et les Playoffs, là aussi de manière incompréhensible. Enfin, conserver Besnik Hasi après un échec sur toute la ligne en fin de saison passée.

C'est donc Jérémy Taravel qui a repris le club en mains, et il avait tout de l'agneau sacrificiel. Tout le monde avait fait une croix sur cette saison, et bien peu imaginaient un exploit tel que celui de ce jeudi au Bosuil. Mais voilà : l'ex... troisième adjoint de Hasi a réussi en quelques jours à redonner une dignité à son noyau, traîné dans la boue par les médias et consultants (nous compris) ces derniers mois. Et ce faisant, Taravel place le RSCA dans une situation compliquée.
Michael Verschueren doit-il écouter le tribunal populaire ?
Car on connaît la culture de l'instant : plutôt que l'effet somme toute classique de l'électrochoc lié à un changement d'entraîneur, on peut voir dans ce résultat inespéré la patte de Taravel (Bertaccini et d'autres ont souligné son rôle). Cela peut-il marcher à long, voire même moyen terme ? Personne ne peut le prédire. Mais les supporters en ont assez du changement pour le changement : pour une fois que quelque chose au Sporting n'est pas cassé, ils aimeraient que la direction n'essaie pas de le réparer en faisant pire que mieux.
Le fait que le candidat n°1, actuellement, soit un Alfred Schreuder inévitablement lié au Club de Bruges depuis le titre remporté en 2022 n'aide pas. D'autant qu'à l'époque, le Néerlandais était parti comme un voleur, avant d'échouer à l'Ajax Amsterdam. L'imagine-t-on rester sur le long terme à Anderlecht ? Le simple fait qu'il envisage de quitter Al-Diraiyah... trois mois après son arrivée en dit long. Et si c'est pour devoir trouver un successeur à Alfred Schreuder dès l'été prochain, on est en droit de se demander quel est l'intérêt de l'amener cet hiver, qui plus est avant même de trouver un directeur sportif - qui pourrait, lui aussi, avoir à redire à ce choix.
Bref : s'il débarque aux dépens de Jérémy Taravel sur le banc du Sporting d'Anderlecht, Schreuder aura la pression, tout comme Michael Verschueren qui prendrait là sa première décision un peu impopulaire. Bien sûr, le tribunal populaire n'a pas toujours raison. Mais parfois, l'écouter permet de s'offrir un bol d'air et le temps de la réflexion...
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