"On ne décolle pas, tout le monde descend" : des pelouses de Pro League à la peur de sa vie en Iran

Scott Crabbé, journaliste football
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"On ne décolle pas, tout le monde descend" : des pelouses de Pro League à la peur de sa vie en Iran
Photo: © photonews

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Ancien joueur de Pro League, Duckens Nazon découvrait le championnat iranien cette saison. Fuir le pays s'est rapidement transformé en parcours du combattant.

Il y a huit ans, Duckens Nazon évoluait en Pro League sous les couleurs de Saint-Trond. L'été dernier, il a rejoint Ricardo Sa Pinto et Moussa Djenepo à Esteghlal. Si l'entraîneur portugais n'est plus en fonction depuis le 20 février, les deux joueurs ont dû fuir l'Iran suite aux bombardements menés par Israël et les Etats-Unis.

Djenepo s'est envolé pour la Turquie. Son coéquipier haïtien a quant à lui vécu un véritable enfer. Le samedi 28 février, alors que les premières frappes américaines et israéliennes s'apprêtent à viser l’Iran, il pensait pourtant s'envoler tout à fait normalement de Téhéran, pour profiter de quelques jours de congé.

L'international haïtien était installé dans son avion. Mais les premières frappes aériennes changent tout : "L'embarquement était terminé, on était sur la piste, mais l'avion n'a jamais décollé, on nous a dit 'tout le monde descend'. Face à la fermeture de l'espace aérien et aux bombardements, il a fallu agir dans l'urgence : "J'ai essayé de rejoindre la frontière le plus rapidement possible, il fallait quitter le pays, c'était la priorité", explique-t-il à France 3.

Duckens Nazon a craint pour sa vie

Sauf que la ruée vers les frontières extérieures amènent les chauffeurs à demander des prix exorbitants, sans certitude d'arriver. On présent alors à Duckens Nazon un véhicule loin d'être rassurant. Il préfère alors faire appel au chef de sécurité d’Esteghlal, qui l'aide à s'en aller vers le nord. Le joueur roule pendant dix heures et arrive à la frontière au petit matin.

Mais sur place, une nouvelle péripétie survient : "J'avais réussi à avoir un visa express grâce à l'aide de ma femme mais lorsque l'Iran a tamponné pour que je sorte, il fallait aussi un code fourni par l'ambassade pour passer la frontière, mais le code ne marchait pas à cause d'internet qui ne fonctionnait plus, je n'ai même pas pu sortir de l'espace de douane pour aller dormir à l'hôtel, je suis resté bloqué 32 heures à la frontière".

32 heures d'incertitudes qui resteront à jamais gravées dans sa mémoire et durant lesquelles sont téléphone n'a pas arrêté de chauffer. Une solution a finalement été trouvée : l'ancien trudonnaire a pu gagner la France par avion hier, sain et sauf.

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