Interview [Exclusif] Sofiane Bouzian, reculer pour mieux sauter : "Mendy était au chômage...ça m'inspire !"

Alessandro Schiavone
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[Exclusif] Sofiane Bouzian, reculer pour mieux sauter : "Mendy était au chômage...ça m'inspire !"

Il ne compte qu'un petit match en D1A, dans l'antre du Sporting d'Anderlecht. Depuis, Sofiane Bouzian a quitté Malines et lance son encore jeune carrière en Nationale 1. Il n'a pas abandonné ses rêves.

Il avait fallu un concours de circonstances particulier pour que Sofiane Bouzian, 19 ans à l'époque, fasse ses débuts en D1A avec le KV Malines. Yannick Thoelen exclu, le jeune belgo-marocain passé par Neerpede enfilait les gants et faisait une belle montée. La suite se passera moins bien : cela reste son seul match avec l'équipe A du Kavé, et Bouzian a depuis rejoint le KVK Tienen (Tirlemont), en Nationale 1. Titulaire la saison passée, il a disputé ses premières minutes cette semaine et rêve encore en grand, à désormais 22 ans. 

Bonjour Sofiane. En 2021, tu quittais Malins pour Tienen. C'était un peu surprenant : pourquoi descendre de deux niveaux, et pas en D1B par exemple ? 

Écoutez, je savais que je ne serais pas prolongé à Malines et il me fallait un nouveau club, un nouveau challenge. J'ai d'abord passé des tests dans certains clubs en D1B, à Virton, à Waasland-Beveren. Ca s'était bien passé, mais je n'avais aucune certitude de jouer et à mon âge, arriver en D1B sans être assuré de jouer, pour risquer de s'asseoir sur le banc....ce n'était pas un pas en avant. J'ai pris la décision de signer dans un club où j'avais des garanties de temps de jeu. J'avais des propositions en D1 Amateurs (actuellement Nationale 1, nda) et Tienen est un club qui m'a très, très bien accueilli.

Bouzian Hassan Sofiane

Je me suis vite très bien senti, au fil des matchs je me sentais même de mieux en mieux. Plus fort, plus confiant. J'ai aussi commencé à découvrir un football "d'hommes", alors qu'à Malines, j'évoluais avec la réserve, quoi. Ca n'a rien à voir.

Tu n'as que 22 ans, tu as beaucoup de talent. Un garçon comme Edouard Mendy (Chelsea) jouait à Cherbourg à ton âge, à 24 ans il était encore en équipe B à Marseille...c'est une inspiration pour toi, de remonter du bas vers l'élite ? 

Oui, bien sûr ! Edouad, pour moi, c'est une grande source d'inspiration. Le gars était au chômage et voulait presque arrêter, mais il n'a pas lâché le morceau, il a continué. Et quand tu vois où il en est aujourd'hui...c'est un parcours magnifique. Pourquoi pas faire un parcours pareil ? Je suis aussi quelqu'un qui n'a pas envie de lâcher le morceau. J'ai toujours cru et je croirai toujours en mes qualités ! À mes yeux, il n'y a que le travail qui paie. On va continuer, quoi qu'il arrive, sur cette lancée. Quoi qu'il se passe, je vais toujours tout donner, ne jamais rien lâcher.

Avec le recul, cette première en Pro League, le 9 août 2019, ces 48-49 minutes sur le terrain d'Anderlecht, ça t'a fait du bien ou du mal ? Le grand public t'a connu, mais les attentes ont augmenté...la pression aussi ?

Mon point de vue, c'est que ça m'a fait du bien, parce que j'ai pu montrer ce dont j'étais capable aux autres. J'aurais bien aimé pouvoir continuer de la sorte, montrer directement après ça, dès le prochain match, que mentalement et physiquement, j'étais prêt. Même si j'étais très jeune...mais bon, voilà, le coach en a décidé autrement. J'étais obligé de l'accepter, en tant que jeune joueur. Bien sûr, j'aurais aimé continuer sur cette lancée et jouer des matchs en D1A, mais qui sait ce qui aurait pu se passer ? Imaginons que je fasse des mauvais matchs, puis qu'on m'oublie. C'est le football, c'est mon destin et c'est comme ça que ça devait se passer. 

Si Bram Castro faisait un mauvais match, personne n'en voulait au coach


Il n'y a pas eu de moment où tu en as voulu à Wouter Vrancken de ne pas t'avoir redonné ta chance ? Tout aurait pu être différent dans le bon sens aussi. 

Avec du recul, ce n'est pas que je lui en veux, il a pris cette décision et c'est comme ça. Mais bien évidemment, j'aurais aimé qu'il me fasse jouer, qu'il me fasse confiance. Il a préféré faire confiance à un gardien de 37 ans. Mais celui-ci avait déjà beaucoup de matchs en pro...Un entraîneur joue aussi sa place, s'il me remet et que je pars à la faute, on va dire que c'est à cause du coach. Qu'il a pris des risques. Alors que si Bram Castro jouait un mauvais match, on ne va pas en vouloir en coach, car il est censé avoir de l'expérience. 

Mais je le répète, j'aurais aimer jouer, et en effet, j'aurais peut-être eu une autre trajectoire de carrière. C'est comme ça, il faut accepter. Je n'en veux pas du tout à Vrancken car il a toujours été correct avec moi, m'a dit les choses telles qu'elles sont. C'était un super coach pour Malines, il nous a faits monter de D2, on a gagné la Coupe. 

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