Analyse 18 buts en 22 matchs, 13 tirs mais un seul cadré : d'où viennent les problèmes offensifs du Standard ?

Loïc Woos
Loïc Woos, suiveur du Standard
| Commentaire
18 buts en 22 matchs, 13 tirs mais un seul cadré : d'où viennent les problèmes offensifs du Standard ?
Photo: © photonews
Deviens fan de Standard! 2525

Avec 18 buts inscrits en 22 rencontres, le Standard présente la deuxième pire attaque du championnat, juste devant Dender. Chez les Rouches, on s'interroge : le problème vient-il vraiment des attaquants, ou l'animation offensive dans son ensemble montre-t-elle ses limites ?

"On a essayé d'entrer dans leur rectangle, de créer des corners et des grandes occasions, comme la latte de Hautekiet. Si sur un de ces moments on parvient à faire le 1-2, on peut enflammer le stade, mais ça ne s'est pas passé." Avec ces mots prononcés vendredi en conférence de presse après la débâcle contre Gand, Vincent Euvrard soulignait que le Standard n’avait pas livré une si mauvaise prestation et aurait pu revenir dans la rencontre en seconde période.

Ce n’est pas faux. Malgré le score lourd sur le papier, les Rouches ont montré un meilleur contenu qu’à Charleroi, où ils avaient sombré sans s'offrir, ou presque, la moindre opportunité. Cette fois, face aux Buffalos, les Liégeois ont créé du danger dans les deux mi-temps, mais avec toujours la même constante : une incapacité à trouver le chemin des filets. Et quand la défense ne suit pas…

Comment expliquer les problèmes offensifs du Standard ?

Cette difficulté à marquer est un problème partagé par plusieurs équipes de Pro League. Onur Cinel, l’entraîneur du Cercle, ne cesse de répéter depuis le début de la saison qu’avec un peu plus d’opportunisme dans les deux surfaces, les Groen & Zwart seraient actuellement dans le top 6, voire aux portes du top 4.

En cherchant à expliquer ce manque d’efficacité (le Cercle ayant tout de même inscrit 28 buts en 22 matchs, soit dix de plus que le Standard), Onur Cinel évoque souvent un manque de chance ou un ballon qui ne tombe jamais du bon côté. Vincent Euvrard, lui, ne peut pas se retrancher derrière cette excuse.

Certes, contre La Gantoise, ses joueurs sont entrés à plusieurs reprises dans le rectangle, via des centres ou des dribbles, et ont également apporté du danger sur phase arrêtée. Mais lorsqu’on ne retrouve qu’un seul tir cadré sur 13 tentatives, on ne peut guère parler de malchance.

Ce Standard est bien trop prévisible

Dans le dernier tiers adverse, le Matricule 16 est probablement l’une des équipes les plus prévisibles du pays. À gauche, Rafiki Saïd déborde avant de rentrer dans le jeu avec un crochet désormais connu de toutes les défenses. À droite, Adnane Abid, qui n’est pas un ailier qui aime coller sa ligne, effectue lui aussi une entrée dans le jeu pour chercher la passe dans le dos de la défense, de manière trop brouillonne et répétitive.

Quand Dennis Ayensa occupe le poste de numéro 10, le danger n’émane pas davantage de cette zone. L’ancien joueur de l’Union est courageux, travailleur et déterminé, mais il peine à peser sur la défense adverse, ses courses étant trop souvent dans le vide et ses connexions avec ses coéquipiers insuffisantes.

Chez les supporters, Thomas Henry est devenu le principal bouc émissaire. Mais constamment suivi par les deux défenseurs centraux adverses et souvent sollicité par des longs ballons, le Français n’est pas le seul responsable. Que peut-il faire lorsqu’on lui demande de gagner un duel de la tête, dos au but à 50 mètres de la cage adverse, alors que ses partenaires ne suivent pas vraiment ? Son problème, clairement, est qu'il ne fait pas non plus la différence lorsqu'il est enfin trouvé dans le rectangle.

Faut-il changer les joueurs ou l'animation offensive de manière générale ?

Cependant, les titularisations de Timothé Nkada ou les montées au jeu de René Mitongo n’ont rien changé : le Standard ne parvient toujours pas à inquiéter le portier adverse. La raison est simple : dans leurs schémas offensifs, les Rouches sont devenus trop prévisibles, et chaque défense du pays sait à quoi s’attendre.

Chercher Saïd et Abid dans le dos de la défense est une bonne idée. Mais quand les ailiers échouent à faire la différence, sont trop brouillons ou manquent leur dernier geste, toute l’attaque est bloquée. Il en va de même pour Ayensa, souvent rattrapé par son adversaire direct faute d’accélération suffisante.

Le problème ne vient pas seulement de Saïd, Abid, Ayensa ou Henry, mais de la prévisibilité et du manque de concrétisation du Standard dans son ensemble. Pour retrouver du danger et de l’efficacité, les Rouches doivent diversifier leur animation. Vincent Euvrard pourrait également tester d’autres profils, comme Bernard Nguene ou Tobias Mohr en tant qu’ailiers, afin de débloquer cette situation.

Corrigeer
Une erreur dans l'article ci-dessus? Annoncez le ici!

Inscrivez-vous maintenant à la newsletter de Walfoot

Plus de news

Plus de news