Analyse Les Diables et la galère du 9 : erreur de sélection ou conséquence des méformes individuelles ?
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Brandon Mechele, Nathan Ngoy, Roméo Lavia, Youri Tielemans : tous avaient le même discours dans la zone mixte du Stade Roi Baudouin après la courte défaite face à l'Équipe de France, lundi soir. "Il ne nous manquait que ce but qui est tombé pour la France." Un mutisme belge plutôt dû aux profils sur le terrain, ou aux méformes individuelles des attaquants présents dans la sélection ? Tentative d'analyse.
Logiquement, les points communs sont nombreux entre l'approche tactique que Mark Van Bommel avait lors de son passage à l'Antwerp et celle qu'il est en train de mettre en place depuis son arrivée sur le banc des Diables Rouges après la Coupe du monde 2026.
Un 4-3-3, avec deux défenseurs centraux solides au profil bien spécifique, un triangle dans l'entrejeu, deux ailiers rapides, percutants et un... attaquant de pointe. De formation lorsqu'il s'agissait de Vincent Janssen au Bosuil, pas vraiment pour Charles De Ketelaere en équipe nationale. Et le problème a été là contre l'Équipe de France, lundi soir au Roi Baudouin.
Charles De Ketelaere n'a pas les réflexes d'un attaquant
Ceci n'est pas une pip...que pour le joueur de l'Atalanta, qui se démène tant que possible sur le front offensif. Mais ce dont avaient le plus besoin les Diables dans cette rencontre était de quelqu'un à même de suivre les infiltrations de Mika Godts et, plus rarement, de Diego Moreira.
Mais, s'il y avait souvent de la présence en première zone et parfois au point de penalty, personne ne surgissait vers un deuxième poteau souvent laissé libre par la défense française et visé par le néo-Parisien Mika Godts.
Un réflexe d'attaquant de pointe aurait conduit Charles De Ketelaere, après les deux premières tentatives de centre de Godts avant la pause, à abandonner le positionnement "à 45", légèrement en retrait du centreur, devenu universel pour surprendre son défenseur et reprendre un ballon qui a trop souvent traversé de gauche à droite, ou de droite à gauche, le rectangle de Mike Maignan, sans trouver preneur.
Des réflexes qui lui auraient aussi permis de dégainer plus rapidement lorsque De Bruyne l'a servi dans un petit espace entre les lignes en seconde période. Comme à son habitude, Charles De Ketelaere s'est battu et a gagné des duels de la tête (parfois en étant bien suivi par Godts et Moreira, parfois pas, ce qui a logiquement provoqué sa frustration), mais il n'a pas "tué" comme un vrai "9" sait le faire.
Un 9 ? Oui, mais qui ?
C'est un peu la question. Contre la France, tout le monde pensait à une montée de Romelu Lukaku, finalement resté sur le banc tout le match. Logique, puisqu'il est le meilleur buteur de l'histoire des Diables et il a joué son rôle de décapsuleur à merveille pendant la Coupe du monde. Mais Big' Rom connaît des débuts très difficiles en Turquie, n'y a pas encore marqué et n'est pas en forme. Le scénario du match donnait plutôt la nécessité d'un attaquant rapide dans le dos des défenseurs, ce que le joueur du Fenerbahçe n'est plus vraiment.
Loïs Openda n'a pas non plus eu droit à la moindre minute de jeu, lui qui a pourtant déjà joué une petite dizaine de matchs avec Lyon et dont le profil correspondait assez bien à ce qu'il fallait pour tromper l'arrière-garde des Bleus. Ses précédentes montées au jeu avec les Diables Rouges et le fait qu'il ne soit impliqué que dans une dizaine de pourcents des buts de son équipe cette saison n'ont probablement pas plaidé en sa faveur.
C'est donc Matias Fernandez-Pardo qui a tardivement reçu la faveur de Mark Van Bommel pour remplacer De Ketelaere. Mais lui non plus ne vit pas un début de saison facile puisqu'il a totalement changé d'environnement en signant à Newcastle et peine encore à y trouver ses marques. Il n'a pas encore marqué en Angleterre, ni avec les Diables, et difficile de croire qu'il aurait pu le faire avec si peu de temps, même si l'idée était peut-être que son pressing provoque une perte de balle côté français.
Le profil manquant de la sélection ?
Il n'y en a pas eu, et que du contraire même, puisque c'est Michael Olise qui a trouvé la faille en fin de match. S'il n'est pas un attaquant de pointe, le joueur du Bayern Munich fait partie de ceux qui peuvent faire la différence en un claquement de doigts, sur une action. Un profil qu'il n'y a pas vraiment du côté des Diables Rouges. Sur le côté, Jérémy Doku peut-être, mais le joueur de Manchester City est indisponible.
On parle plutôt ici d'un joueur capable de profiter d'un seul bon centre, d'une seule bonne passe pour renverser la rencontre. Romelu Lukaku peut habituellement le faire, mais son début de saison en Super Lig plaide pour le contraire, et Mark Van Bommel, obligé de prendre en compte la forme du moment, ne l'a pas choisi. Openda et Fernandez-Pardo sont des joueurs de profondeur, Lukaku ne tourne pas et De Ketelaere n'est pas un 9 : voilà peut-être le profil manquant dans cette sélection.
Deux profils se distinguent pour remplir ce rôle dans les années à venir : Lucas Stassin et Norman Bassette, tous deux appelés avec les U21, qui doivent se qualifier pour le Championnat d'Europe durant cette trêve internationale. Le joueur de Séville n'a cependant pas pu aider ses partenaires, blessé. Une fois ces qualifications passées, ces deux joueurs auront assurément une grosse carte à jouer auprès de Van Bommel.
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