Cela ne risque pas d'arriver à Anderlecht : pourquoi Antoine Sibierski est parti au clash avec Troyes
Photo: © photonews
L'aventure d'Antoine Sibierski s'est terminée en eau de boudin à Troyes. Mais cela ne doit pas inquiéter Anderlecht pour autant. Ou tout au plus confirmer que le nouveau directeur sportif des Mauves sait ce qu'il veut et ce qu'il ne veut pas.
C'est déjà durant cet hiver que les premières rumeurs envoyant Antoine Sibierski à Anderlecht pour succéder à Olivier Renard ont vu le jour. Mais à l'époque, un mot d'ordre persistait : rien ne se conclurait avant la fin de saison : c'est que Troyes avait un titre à aller chercher en Ligue 2, il n'était pas question d'ébranler la sérénité au sein du club.
Pourtant, au plus la fin de saison avançait, au plus on comprenait que Sibierski était poussé vers la sortie. C'est ce qui explique que les négociations ont pu avancer plus rapidement que prévu. Il faut dire que les divergences étaient devenues très profondes au sein du board de l'ESTAC.
Prenons pour preuve les festivités du titre, il y a à peine cinq jours. Encore directeur sportif du club, pas encore officialisé par Anderlecht, Antoine Sibierski n'y assiste pas. Il ne le peut pas. Il est interdit de tribunes par le club. Sans surprise, il sera écarté le lendemain.
Le football professionnel ne fait pas dans les sentiments
Comment un directeur sportif ayant emmené une équipe flirtant avec une relégation en troisième vers un sacre en Ligue 2 et un retour parmi l'élite du football français peut-il être évincé de la sorte ? Des remerciements du genre minimaliste qui étonnent quand on sait que ce sont ses accointances avec Manchester City et Brian Marwood, directeur général de la division 'global football' du City Group qui l'ont convaincu de se pencher sur le projet.
Les suiveurs d'Anderlecht le savent désormais : l'ancien joueur de Manchester City a dû caractère. Mais cela, Troyes le savait aussi et l'a accepté, Comme lorsque, malgré son amitié pour Brian Marwood, il n'a pas fait dans les sentiments en se débarrassant du directeur de performance installé par le City Group.
"Ça a été un sujet délicat parce que le City Group avait nommé quelqu'un, il fallait respecter ça, il fallait lui donner du temps. Mais le temps a fait qu'on a pu constater qu'indépendamment de la bonne personne qu'il est, il ne correspondait pas au rôle de directeur de performance comme je le voyais. Le City Group l'a entendu, l'a accepté et m'a laissé acter dans ce sens" expliquait Sibierski à l'époque, interrogé par la chaîne officielle de la Ligue 2.
Antoine Sibierski garde sa ligne
Mais alors, comment expliquer un tel divorce, après avoir ramené le club au sommet ? Ce qui a précipité sa chute tient dans ses plans pour l'ESTAC, diamétralement opposé à ceux du City Group. Sibierski a basé le succès de l'équipe sur l'achat de joueurs à bas prix mais disposant de qualités humaines permettant de tirer le groupe vers le haut. Avant de parler talent balle au pied. Et cela a marché.
Mais Troyes ne fait pas partie du City Group pour rien : la synergie créée avec les autres clubs de la galaxie doit avant tout permettre de placer des joueurs. La montée en Ligue 1 est ainsi une belle opportunité pour faire venir des jeunes en post-formation estampilés 'City Group', les faire briller et ainsi gagner des millions. Mais Sibierski ne voulait pas d'un club géré comme l'est Strasbourg. En homme de conviction qu'il est, l'issue était inévitable. Heureusement pour lui, un rachat d'Anderlecht par le City Group ne semble pas à l'ordre du jour.
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