Analyse Le nouveau coach de l'Antwerp veut faire jouer l’Antwerp comme Leipzig, mais c’est là que le bât blesse

Johan Walckiers
Fabien Chaliaud et Johan Walckiers
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Le nouveau coach de l'Antwerp veut faire jouer l’Antwerp comme Leipzig, mais c’est là que le bât blesse
Photo: © photonews
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Le modèle Red Bull devait donner une nouvelle dimension à l'Antwerp après son changement de propriétaire au cours de l'été. L'arrivée du technicien allemand Marvin Compper allait d'ailleurs en ce sens, mais entre les intentions et la réalité du terrain, il y a pour le moment une grande différence.

À son arrivée, Marvin Compper avait clairement affiché sa principale source d’inspiration : le modèle Red Bull du RB Leipzig, fondé sur un pressing haut, une grande intensité et des transitions rapides. Mais pour l’instant, l’Antwerp semble surtout en subir les inconvénients. Avec un seul point pris lors des cinq derniers matches de championnat et quatre défaites consécutives, une question s’impose : Marvin Compper dispose-t-il réellement des joueurs capables de mettre en œuvre sa philosophie de jeu ?

Les ambitions étaient claires dès le départ. L’Antwerp devait jouer de manière plus agressive, presser haut ses adversaires et se projeter rapidement vers le but après chaque récupération. Sur le papier, le projet est séduisant, mais il exige énormément d’une équipe. Tous les joueurs doivent se déplacer au même moment, les espaces doivent rester réduits et, en cas de perte de balle, le reste de l’équipe doit être prêt à assurer la couverture défensive.

Un pressing haut, mais une défense toujours en alerte

C’est précisément là que le bât blesse. Face à Genk, l’Antwerp a laissé filer son avantage avant de concéder un partage spectaculaire (4-4). Une semaine plus tard, le "Great Old" a de nouveau encaissé quatre buts contre Saint-Trond. Les longs ballons ont notamment posé problème : une seule passe suffisait à désorganiser complètement le bloc défensif. Contre le Standard, les dégâts se sont limités à un but encaissé, mais l’Antwerp a pratiquement été inexistant sur le plan offensif.

Les défaites contre le Club Bruges, l’Union et Westerlo montrent également que l’équipe n’a toujours pas bâti de solides fondations. Le revers 5-1 en Campine a été particulièrement douloureux. L’Antwerp avait pourtant ouvert le score par l’intermédiaire d’Ibrahim Salah, avant de sombrer après l’égalisation et l’exclusion de Mauricio Benítez.

Marvin Compper ne doit pas nécessairement renoncer à sa philosophie, mais il doit comprendre qu’un pressing haut ne fonctionne que si les joueurs positionnés derrière la première ligne de pression restent suffisamment bien organisés.

Vermeeren, Frey et Scott illustrent les difficultés de l’équation

Les profils des joueurs rendent le problème encore plus intéressant. Grâce à sa qualité de passe et à sa vision du jeu, Arthur Vermeeren peut devenir un maillon essentiel de la construction. Mais attendre du milieu de terrain, de retour au club, qu’il prenne immédiatement le contrôle de toute l’équipe serait excessif. Il doit retrouver son rythme tout en contribuant à maintenir les distances entre les différentes lignes.

Mauricio Benítez doit lui aussi trouver sa place. L’Argentin n’a disputé ses 13 premières minutes de la saison que contre le Standard, tandis que Christopher Scott n’avait jusque-là joué qu’un seul match de championnat dans son intégralité. Compper doit déterminer quels milieux de terrain sont capables de soutenir l’intensité de son système sans sacrifier la maîtrise du ballon.

Le problème est tout aussi évident en attaque. Michael Frey manque de solutions lorsque les ailiers ne parviennent pas à déborder et que les milieux de terrain ne suivent pas suffisamment. Ibrahim Salah et Snayder Porozo sont capables d’apporter du danger, mais encore faut-il que l’Antwerp les mette dans les meilleures conditions. Un avant-centre isolé et des attaquants trop éloignés les uns des autres compliquent considérablement des transitions rapides.

En défense aussi, Marvin Compper cherche encore la bonne formule. Álvaro Cortés est censé apporter davantage de stabilité, tandis que Yuto Tsunashima a provoqué un penalty contre le Standard. Les erreurs individuelles n’expliquent pas tout, mais elles coûtent d’autant plus cher lorsque l’équipe laisse systématiquement de grands espaces à ses adversaires.

Ne pas reproduire aveuglément le modèle de Leipzig

À l’Antwerp, le nouvel entraîneur peut mettre en œuvre sa vision footballistique. Cela ne signifie pas qu’il doit reproduire chaque détail du modèle du RB Leipzig. Le "Great Old" pourrait, dans un premier temps, presser de manière plus sélective, aligner un milieu de terrain supplémentaire ou positionner sa défense un peu plus bas.

La priorité est de retrouver l’équilibre. Sans couverture défensive derrière le pressing, l’agressivité se transforme en imprudence. Et sans une meilleure alimentation de Michael Frey et des ailiers, le projet offensif risque de rester muet.

La philosophie n’est pas nécessairement mauvaise. Mais Marvin Compper doit désormais démontrer qu’il est capable de l’adapter aux joueurs qu'il a à sa disposition. Dans le cas contraire, l’approche Red Bull risque surtout de coûter très cher aux pensionnaires du Bosuil.

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